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Fatima Mechta-Grigoriou et Matthieu Piel membres de l'EMBO

Céline Giustranti
23/05/2016
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Cette année, un biologiste et un biophysicien de l’Institut Curie rejoignent l’Organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO). Leur mission, comme pour tous les membres : promouvoir les sciences de la vie, réfléchir aux choix stratégiques de la recherche et favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs d’excellence.
Fatima Mechta-Grigoriou et Matthieu Piel

Christophe Hargoues / Institut Curie et Nicolas Krief /Institut Curie

Le 23 mai 2015, la prestigieuse organisation européenne EMBO a annoncé l’élection de 58 nouveaux membres, parmi lesquels figurent deux chercheurs de l’Institut Curie, Fatima Mechta-Grigoriou et Matthieu Piel.

Fatima Mechta-Grigoriou : le stress oxydant comme leitmotiv

Après avoir passé plus de 10 ans à l’Institut Pasteur, Fatima Mechta-Grigoriou, Directrice de Recherche Inserm, décide de rejoindre l'Institut Curie en 2005. La proximité de l'hôpital va lui permettre d’orienter une partie des recherches de son équipe Stress et cancer (Inserm/Institut Curie, labélisée Ligue nationale contre le cancer) vers la cancérologie. Le succès est au rendez-vous. Grâce à une collaboration étroite avec les cliniciens, son équipe met en évidence qu’un stress oxydant chronique stimule le développement tumoral mais qu’il peut aussi, dans le même temps, améliorer la réponse à certaines chimiothérapies, dont les taxanes, couramment utilisés dans le traitement des cancers du sein et de l’ovaire. Son équipe a ainsi identifié différents mécanismes impliqués et liés à des processus cellulaires variés, associés au métabolisme, au cannibalisme cellulaire ou à la réponse aux dommages de l’ADN.

Par ailleurs, son équipe a identifié pour la première fois différents sous-groupes de cancers ovariens qui, bien que très homogènes sur le plan histologique, se caractérisent par des signatures moléculaires distinctes et une chimio-sensibilité différente. Alors que, dans les cancers du sein, les patientes sont classées en sous-types moléculaires distincts depuis plusieurs années, le travail de l’équipe de Fatima indique que des distinctions moléculaires pourraient aussi être appliquées pour les patientes atteintes de cancer de l’ovaire. Or, ces tumeurs déploient des interactions tout à fait particulières avec les cellules environnantes normales, des cellules de soutien et des cellules immunitaires.

Sans oublier les aspects les plus fondamentaux de ses recherches, son travail est donc maintenant orienté sur ces composantes normales du micro-environnement tumoral, afin de mieux comprendre la complexité des tumeurs et les mécanismes impliqués dans les résistances aux thérapies.

Pour en savoir plus sur les récentes découvertes de l'équipe de fatima Mechta-Grigoriou

 

Matthieu Piel : un autre regard sur la cellule

Pour Matthieu Piel, directeur de recherche CNRS à l’Institut Curie, la cellule n’est pas un objet figé. Cet élément de base des tissus n’a de cesse de se déformer, de changer de taille, de s’aplatir, de réorganiser ses composants... au sein de l’organisme. Pour reproduire au mieux l’environnement – souvent confiné – dans lequel évolue cette brique élémentaire de l’organisme, Matthieu Piel et son équipe Biologie cellulaire systémique de la polarité et de la division (CNRS/IPGG/Institut Curie) développent des outils novateurs basés sur des techniques de nano et de micro-fabrication. Grâce à ces micro-objets, les découvertes s’enchaînent sur la migration et la division cellulaire pour le chercheur, mais aussi pour les immunologistes avec qui il collabore régulièrement. Car s’il est une cellule qui bouge abondement dans l’organisme, c’est la cellule dendritique : elle patrouille sans fin à la recherche d’intrus - ou de cellules tumorales - et une fois sa mission accomplie, elle file alerter les lymphocytes pour qu’ils les éliminent. Aujourd’hui la "course" des cellules dendritiques n’a plus guère de secret pour eux.

Très récemment, l’équipe de Matthieu Piel a découvert un phénomène assez surprenant qui sans nul doute n’a pas fini de faire du bruit dans le landerneau des biologistes. En migrant, les cellules endommagent leur noyau et leur ADN. En l’absence de réparation, les conséquences de cet endommagement pour la cellule, voire pour l’organisme, peuvent s’avérer délétères.

Pour en savoir plus sur les récentes découvertes de l'équipe de Matthieu Piel

 

En savoir plus

L’EMBO et l’Institut Curie

Fatima Mechta-Grigoriou et Matthieu Piel rejoignent 17 autres chercheurs ou anciens chercheurs de l’Institut Curie déjà membres de l’EMBO : Geneviève Almouzni, Sebastian Amigorena, Yohanns Bellaïche, Michel Bornens, Déborah Bourc'his, Philippe Chavrier, Michelle Debatisse, Olivier Delattre, Raymond Devoret, Edith Heard, Anne Houdusse, Bruno Goud, Carsten Janke, Ludger Johannes, Daniel Louvard, Alain Nicolas et Graça Raposo.