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Sport à l’hôpital : une activité physique pour le mieux-être

Nathalie Oudar
25/10/2016
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Du sport ou des activités physiques à l’hôpital ? Les oncologues le constatent : les enfants en tirent un véritable bénéfice. Le point avec les soignants de l’Institut Curie.
Premiers cordée - badminton en pediatrie

Premiers cordée - badminton en pediatrie

Une activité physique alors que l’enfant est hospitalisé pour y suivre une chimiothérapie ? Ce n’est pas incompatible. "Il existe des limites physiques, mais le handicap n’est pas une gêne", commente pour Pourquoidocteur.fr le Dr Daniel Orbach, oncologue pédiatre au département d’Oncologie pédiatrique- Adolescents et jeunes adultes (Dopaja). "L’idée, c’est de se réconcilier avec son corps que la maladie a trahi", reprend Corinne Fel, éducatrice de jeunes enfants au Dopaja.

Du sport dans les couloirs

L’activité physique permet en effet de renouer avec ce corps qui a été malmené par la maladie voire par les traitements. L’image de soi est parfois dégradée et pratiquer une activité physique en groupe permet de relativiser, de se voir au travers des yeux de personnes qui sont aussi passées par la même épreuve. L’effet positif des relations sociales est indéniable pour reprendre confiance et restaurer l’image de soi.

C’est pourquoi les centres de lutte contre le cancer comme l’Institut Curie développent des ateliers d’activité physique, très souvent en partenariat avec des associations expertes en activité physique adaptée.

Ainsi, depuis le début des années 2000, le Dopaja a tissé des liens avec l’association Premiers de Cordée. Au-delà des ateliers mensuels (badmington, voley, judo…) qu’elle organise pour les enfants hospitalisés à l’Institut Curie, elle est l’initiatrice de la Semaine nationale du sport à l’hôpital qui a connu sa 12e édition en octobre 2016. Pour les enfants comme pour les adultes, l’activité physique "rentre" dans le protocole de soins et de prise en charge globale.

Pour lutter contre le cancer

D’autant qu’il est désormais prouvé par des études chez les adultes atteints de cancer (sein, côlon, prostate…) que l’activité physique régulière reprise le plus tôt possible après la chirurgie ou, selon les cas, dès la fin des traitements médicamenteux, permet de lutter efficacement contre la fatigue et les effets secondaires des traitements. Elle limite également le risque de récidives ou de rechutes. "Accompagnée d’un programme alimentaire équilibré, la pratique d’un sport d’intensité modérée à intensive permet de réduire jusqu’à 50 % le taux de récidive chez les patientes atteintes d’un cancer du sein", précise le Dr Claude Boiron, oncologue à l’Institut Curie. Elle est notamment responsable du Programme Activ’ lancé en 2012, par l’Institut Curie avec ses partenaires AG2R La Mondiale et le Groupe associatif Siel Bleu. Ce programme pilote d’activité physique pour les femmes ayant terminé leurs traitements contre un cancer du sein a pour objectif d’améliorer leur qualité de vie, tout en diminuant le risque de récidive. "Avec un véritable enjeu à long terme : permettre aux patientes de devenir actrices de leur propre santé en adoptant durablement des habitudes de vie saines."

Pour les adultes, en dehors du programme d’éducation thérapeutique Activ’, les équipes soignantes et la Maison des patients et des proches de l’Institut Curie développe un panel d’activités physiques autour de l’aviron-santé, la marche nordique ou la marche en pleine conscience, le rugby…