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L’Institut Curie à l’international : une expertise en partage

Sabine D'Andrea
12/02/2021
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A l’occasion de la journée mondiale du cancer et de son centenaire, l’Institut Curie a réuni ses partenaires internationaux pour célébrer leur coopération et présenter leurs projets communs lancés l’an dernier malgré la pandémie de Covid-19.
Relations internationales - Institut Curie

L’incidence du cancer progresse vite partout dans le monde avec plus de 18 millions nouveaux cas chaque année et plus de 9 millions de morts

a rappelé Pr Thierry Philip, président du Directoire de l'Institut Curie dans son discours d’ouverture de la 4ème Réunion Internationale annuelle qui a eu lieu le 4 février dernier.

 

La mission de l’Institut Curie ne se limite pas à la France ou à l’Europe. Marie Curie s’est engagée à servir le monde sans aucun but lucratif.

Et c’est encore aujourd’hui l’une des vocations de l’Institut Curie. Un héritage mis particulièrement à l’honneur cette année alors que l’on célèbre le centième anniversaire de la Fondation Curie créée en 1921 par l’éminente physicienne.

Cette année 2021 est également l’occasion de célébrer le lien privilégié qui unit l’Institut Curie et les Etats-Unis. Beaucoup l’ignorent, mais Marie Curie a pu poursuivre ses travaux sur la radioactivité grâce à la générosité des femmes américaines.

En mai 1921, elle a parcouru les Etats-Unis durant 46 jours. A l’issue de son voyage, elle a reçu du président Harding un gramme de radium offert par les femmes américaines qui ont réussi à récolter plus de 100 000 dollars

a relaté Marc Joliot, son arrière-petit-fils.

Sans l’aide des Etats-Unis, l’Institut Curie ne serait vraisemblablement pas devenu ce centre d’excellence de renommée mondial, et il n’aurait pas pu défendre les valeurs auxquelles Marie Curie croyait. Un lien d’amitié encore entretenu, aujourd’hui, par les équipes de l’Institut Curie, notamment à travers de nombreuses collaborations dans les domaines de la recherche essentiellement.

Fort de cette expertise et de ce rayonnement international, l’Institut Curie s’engage auprès des pays fragilisés dans lesquels l’accès aux soins est difficile.

Notre priorité absolue est de répondre aux besoins non satisfaits des patients. Chaque année, plus d’un millier de malades internationaux nous sollicite. Nous aidons la majorité dans leur pays d’origine, nous leur donnons un deuxième avis et enfin nous traitons, ici, à Paris, environ un tiers d’entre eux.

 a décrit le Pr Philip.

Et parmi ces patients étrangers, l’un d’eux, Mr Dorgham, a décidé de construire en hôpital dans sa ville natale au nord du Caire (Egypte), en prenant modèle sur l’Institut curie. Un projet auquel l’Institut s’est pleinement engagé. « Mon père a été impressionné par la qualité des soins qu’il a reçue et il espère que des malades en Egypte pourront en bénéficier. C’est un rêve que nous espérons réaliser d’ici la fin de l’année », a confié le fils de Mr Dorgham.

Car l’enjeu pour l’Institut est de renforcer et améliorer l’accès et la qualité des soins dans ces pays en difficulté.

Et pour cela, l’un des meilleurs moyens de transmettre notre expertise est d’assurer la formation de nos collègues dans leur pays d’origine ou d’accueillir des médecins et des soignants à l’Institut Curie

 explique le Dr Pierre Anhoury, directeur des relations internationales de l’Institut.

 

C’est dans cet esprit que l’Institut a décidé de renforcer son soutien apporté à plusieurs équipes au Liban victime d’une crise politique, sociale et économique amplifiée par l’explosion du port de Beyrouth en août dernier. « L’Institut Curie financera et accueillera 6 jeunes médecins et chercheurs issus de différentes spécialités durant un an, détaille le Pr Peter Noun, chef du département d’oncologie pédiatrique de l’hôpital St Georges dévasté par l’explosion, à l’instar de 5 autres centres. Une étroite collaboration entre mon centre et l’Institut Curie sera également mise en place une fois que mon hôpital sera reconstruit. »

En parallèle, l’Institut et l’Ecole Supérieur des Affaires (ESA) de Beyrouth – lieu de formation de l’Institut Curie au Moyen-Orient – ont lancé une grande étude pour identifier les besoins des centres d’oncologie et améliorer les pratiques médicales. Un projet qui s’inscrit dans la coopération historique entre la France et le Liban.

J’attache une importance d’autant plus grande à ce projet qu’il nous faut à la fois consolider les bases et penser déjà au redressement du pays et au futur.

 a indiqué Anne Grillo, l’ambassadrice de France au Liban.

 

L’Institut Curie est aussi très engagé sur le continent africain, notamment en Tanzanie dans le cadre d’un projet qui s’étalera jusqu’en 2024 intitulé Tanzania Comprehensive Cancer Care Project (TCCP). Aux côtés de la Fondation Aga Khan et l’Agence Française de développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 10 millions d’euros, l’Institut apportera son expertise pour améliorer l’organisation et la qualité des soins à travers tout le pays, y compris en zone rurale. Aux côtés de la Fondation Aga Khan et l’Agence Française de développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 10 millions d’euros, l’Institut Curie apportera son expertise pour améliorer l’organisation et la qualité des soins à travers tout le pays, y compris en zone rurale.

"Plus de 1,7 millions de personnes devraient bénéficier de ce programme" a souligné Stéphanie Mouen, directrice de l’AFD en Tanzanie. 

Nous espérons qu’il contribuera à augmenter le nombre de patients diagnostiqués à un stade précoce et permettra de renforcer une centaine de dispensaires.

 

Enfin, l’Institut Curie s’implique dans des projets humanitaires. Récemment, une convention a été signé signée avec l’Association mondiale contre le cancer (AMCC) afin d’élaborer un programme de projet de formation en soins palliatifs et de prise en charge de la douleur au Sénégal. L’Institut participe également à un programme de soutien au diagnostic précoce, à l’accès aux traitements, et à la réhabilitation des enfants atteints de rétinoblastome depuis 2011 (cancer de l’œil).

Initié au Mali, ce programme a permis de démontrer que la guérison peut être obtenue chez plus de 80% des enfants, contre 20% auparavant

s’est félicité le Pr Pierre Bey, président de l’AMCC. Fort de ce succès, le projet a étendu à 24 pays d’Afrique sub-saharienne.

D’ici 2028, environ 1000 enfants pourraient avoir été pris en charge.

La direction des relations internationales
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