Actualité - Mélanomes de l’œil

Samar Alsafadi : les yeux dans le mélanome de l'uvée

Mathilde Regnault
26/07/2016
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Depuis fin mai, Samar Alsafadi a pris la tête du groupe de recherche translationnelle Mélanome uvéal, une équipe émergente soutenue par le SiRIC. Un poste sur-mesure pour cette chercheuse qui place au cœur de son activité la collaboration interdisciplinaire.
Samar Alsafadi
Samar Alsafadi

"Je travaillais déjà à l’Institut Curie depuis deux ans, dans l’équipe de recherche fondamentale de Marc-Henri Stern, en tant que post-doc senior, souligne Samar Alsafadi. A ce titre, je faisais partie du groupe de travail qui rassemble les cliniciens et les chercheurs travaillant sur les différents aspects du mélanome uvéal à l’Institut Curie". C’est donc en terrain connu que la jeune chercheuse a intégré son nouveau poste le 23 mai dernier. Ses principales missions consistent à structurer la recherche translationnelle sur le mélanome uvéal et à identifier des pistes thérapeutiques potentielles. Avec un objectif ultime : réaliser des essais précliniques qui permettront par la suite aux équipes de recherche clinique de proposer des essais précoces aux patients.

Avec 500 à 600 nouveaux cas par an en France, le mélanome uvéal est une tumeur rare de l’œil pour laquelle l’Institut Curie est référent national grâce à une équipe d’experts du sujet, reconnus sur le plan international. Beaucoup de progrès restent à faire quant à la connaissance de cette pathologie et aux traitements disponibles. C’est ce à quoi s’attache l’équipe de Samar Alsafadi, avec l’appui de nombreux partenaires, internes et externes. "Nous travaillons beaucoup avec les équipes de recherche fondamentale, c’est crucial, souligne Samar Alsafadi. Pour l’instant, on connait mal le mélanome uvéal : pour trouver de nouveaux traitements, il faut donc commencer par mieux comprendre la maladie. Nous travaillons côté à côte avec les cliniciens et les biologistes... Avoir toutes les expertises en interne permet une grande réactivité. Finalement, ce groupe est très représentatif du fameux continuum recherche-soins, qui fait l’âme de l’Institut Curie."

Une âme que Samar Alsafadi a faite sienne il y a un peu plus de deux ans. Après un doctorat de pharmacie obtenu à l’Université de Damas, la Franco-syrienne choisit la France pour poursuivre ses études : un petit détour par Gustave-Roussy pour un premier post-doc en recherche translationnelle sur les biomarqueurs des cancers du sein, puis elle intègre l’équipe de Marc-Henri Stern et se concentre sur le mélanome uvéal. "L’Institut Curie, pour moi, c’était une évidence, se souvient la jeune femme. Sa réputation dépasse largement les frontières françaises et même européennes !" Un choix qu’elle n’a jamais regretté, grâce à l’ambiance stimulante et internationale qu’elle y a trouvé. "Plus jeune, j’ai énormément voyagé, avec mes parents puis pour mes études. Retrouver cet aspect "melting-pot" à l’Institut Curie m’apporte beaucoup. Nous venons tous de cultures différentes, nous avons des histoires différentes et cela fait notre richesse : outre le fait que cela crée une ambiance de travail agréable au quotidien, nous abordons les choses avec des prismes différents et c’est très important pour nos recherches."