Philip Poortmans

Philip Poortmans

3 questions à Philip Poortmans

Julia Vollerin
05/06/2019
Partager
Le Pr Philip Poortmans, chef du département de radiothérapie oncologique de l’Institut Curie, nous fait part des enjeux de l’innovation en radiothérapie

En France, près de 2/3 de toutes les tumeurs sont traitées par radiothérapie. Cela reste insuffisant, car, par exemple, le choix de la chirurgie prédomine encore souvent sans trop d’échanges sur les différentes options avec les patients, même dans certains cancers où elle ne devrait pas l’être comme à certains stades du cancer de la prostate. Selon les recommandations internationales, dans les pays développés 52 à 55 % des patients atteints de cancer devraient bénéficier de la radiothérapie.

Pourquoi l’Institut Curie occupe-t-il une place particulière dans la recherche dans ce domaine ?

L’Institut Curie est considéré comme le berceau de la radiothérapie car ce traitement découle des découvertes de Marie Curie, convaincue dès le début avec le médecin Claudius Regaud que cela pourrait soigner le cancer. Depuis, l’Institut Curie n’a cessé de participer au progrès de la radiothérapie. Ici il existe des liens très forts entre recherche fondamentale et recherche clinique, ce qui permet un développement intégré des innovations. Par ailleurs, les capacités humaines sont très importantes, environ 1200 personnes dans le centre de recherche, 2100 dans l’Ensemble Hospitalier et plus de 50 000 patients : les possibilités de recherche sont considérables !

La chaire professorale de radiothérapie oncologique vient de vous être attribuée par l’Université Paris Sciences & Lettres. De quoi s’agit-il ?

L’Institut Curie souhaite accroitre ses actions universitaires dans le domaine de la radiothérapie oncologique. L’objectif est d’enseigner au plus grand nombre de médecins, physiciens, dosimétristes et manipulateurs de radiothérapie les dernières connaissances et innovations dans ce domaine.