Verene Praud

Le portrait de Vérène Praud, "infirmière ressource douleur"

Emmanuelle Manck
30/03/2017
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Infirmière spécialiste de la gestion de la douleur à l’Institut Curie, Vérène Praud utilise différentes méthodes innovantes, en complément des médicaments, pour soulager les douleurs des patients liées aux soins et aux phases aiguës du cancer.

Titulaire d’un diplôme d’infirmière accompagné d’un mémoire  de fin d’études sur la prise en charge de la douleur selon les cultures et les religions, Vérène Praud a rejoint l’Institut Curie en 2004.

J’ai développé mes compétences d’infirmière en service d’oncologie avant de me spécialiser dans la prise en charge de la douleur des patients atteints de cancer, raconte la jeune femme. J’ai ensuite passé un diplôme universitaire ‘douleur et soins infirmiers’ pour compléter mes connaissances et travailler avec une approche plus globale  de la douleur.

En 2009, Vérène Praud a exercé aux consultations d’urgence de l’Institut Curie, où elle s’occupait principalement de patients se plaignant de douleurs aiguës à domicile, avant de prendre le poste d’infirmière « ressource douleur » : « Dès lors, mon activité d’infirmière s’est développée parallèlement aux nouvelles méthodes que nos médecins intégraient à la prise en charge de la douleur en cancérologie. »

 

Un unique objectif : soulager les patients

Aujourd’hui, Vérène conseille les équipes soignantes dans la prise en charge des douleurs des patients liées aux soins du cancer et à certaines phases plus aiguës de la maladie. Elle propose et applique différentes techniques complémentaires ou alternatives aux médicaments, en fonction de chaque cas particulier.  Parmi elles, l’hypno-analgésie : "Cette méthode, issue de la relaxation et de la sophrologie, permet au patient de se déconnecter du contexte du moment", explique l’infirmière. Elle utilise également un gaz, mélange de protoxyde d’azote et d’oxygène, qui a une action apaisante et analgésique sur le patient qui l’inhale.

Dans certains cas, elle a recours à la neurostimulation électrique transcutanée : "De petites électrodes, appliquées sur la peau de la zone qui fait mal ou de ses racines nerveuses, ‘brouillent’ l’intégration du message douloureux par le cerveau." A l’Institut Curie, la jeune femme a également pour mission de veiller à l’efficacité des traitements des douleurs rebelles et au bon usage des PCA"*, ces dispositifs de délivrance de doses antalgiques.

Je partage bien sûr avec les patients des moments  compliqués, mais leur soulagement est tel que ce sont aussi de beaux chemins.

Vérène est sollicitée par tous les services de l’Institut Curie dès que ses compétences peuvent diminuer les craintes ou les douleurs d’un patient. "Mon travail demande de la disponibilité et de l’adaptabilité, note-t-elle. Mais j’ai la chance que tout le personnel soit sensibilisé à la question de la douleur à l’Institut Curie et que notre institution ait l’éthique et les moyens techniques de bien réussir cette prise en charge."