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Le rôle crucial de la recherche translationnelle

Céline Giustranti
25/03/2017
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Avec la montée en puissance de la médecine personnalisée, le développement de nouveaux traitements nécessite une activité de recherche translationnelle forte. Le point sur ce maillon essentiel entre soins et recherche fondamentale.

Les cancers colorectaux constituent un problème majeur de santé publique dans les pays occidentaux et le pronostic vital des patients est essentiellement lié à la présence ou non de métastases. 20 % à 25 % des patients sont diagnostiqués avec des métastases et 40 % à 50 % des patients opérés pour un cancer colorectal localisé en développeront au cours du suivi. Malgré les progrès réalisés dans les traitements ces vingt dernières années, la survie moyenne de ces patients métastasés est de 20 à 25 mois. Les efforts doivent donc se poursuivre pour découvrir de nouveaux marqueurs (pronostiques et prédictifs) et traitements. Plusieurs programmes sont en cours de développement à l’Institut Curie dans les cancers du rectum, dans les cancers du canal anal, dans les cancers du côlon ?

 

Cancers du rectum : identifier les risques

Un traitement néoadjuvant peut être proposé aux patients présentant un cancer du rectum avancé avant la chirurgie, son objectif est de réduire le risque de récidive locale ou la survenue de métastase. Les études ont montré qu’administrer avant la chirurgie, la radiochimiothérapie, le traitement standard, est plus efficace qu’en post-opératoire. Aujourd’hui les essais se multiplient pour évaluer l’efficacité de l’ajout de thérapie ciblée à ce traitement néo adjuvant.

Aujourd’hui, la réponse au traitement néoadjuvant apparaît comme le facteur pronostic majeur de l’agressivité tumorale et donc des suites de la maladie pour le patient, explique le Dr Wulfran Cacheux, oncologue digestif à l’Institut Curie et médecin responsable dans la prise en charge des cancers digestifs sur le site de Saint-Cloud. L’identification de facteurs prédictifs de la réponse aux traitements néoadjuvants est donc l’une de nos priorités.

A cette fin les équipes de l’Institut Curie poursuivent le recueil d’échantillons de tumeurs digestives. Ces échantillons permettront à terme d’améliorer la caractérisation biologique et moléculaire des tumeurs digestives, d’identifier des facteurs prédictifs de réponse aux thérapies et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Parallèlement, des recherches seront menées pour comprendre comment le microenvironnement favorise le développement tumoral. Les cellules tumorales ne sont pas isolées au sein de l’organisme. Elles interagissent avec leurs voisines a priori saines et les utilisent à leurs fins. Percer les secrets du microenvironnement qui entoure les cellules tumorales : des cellules, des molécules qui freinent ou facilitent la croissance des cancers pourraient constituer autant d’alliés ou de cibles dans la lutte contre la maladie.

 

Cancer du canal anal : dresser le profil moléculaire

Autre sous-type de cancer digestif, mais enjeu assez similaire : récolter des échantillons tumoraux pour pouvoir dresser des profils moléculaires de ce cancer. Seul cette caractérisation biologique et moléculaire aboutira à l’identification de voies ou réseaux dérégulés dans les tumeurs et donc de potentielles cibles thérapeutiques. Spécialisé dans la prise en charge de tumeurs rares, l’Institut Curie dispose des experts mais aussi des échantillons biologiques indispensables à la découverte de thérapies ciblées.