Laboratoire

Point à date sur la recherche

Emilie Gillet
09/01/2020
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Point à date sur les différents travaux et projets de recherche sur les cancers de l’œil menés au sein de l'Institut Curie.

La Fondation L’Occitane et l’Institut Curie contre les cancers ophtalmologiques

Partenaire de longue date de l’Institut Curie, la Fondation L’Occitane offre de nombreux soutiens dans la lutte contre les cancers de l’oeil. La Fondation L’Occitane mobilise ses salariés par le biais de ventes privées solidaires ou de l’arrondi sur salaire. Grâce à ce précieux partenariat, des projets de recherche préclinique sur le traitement du rétinoblastome ou de formation à la chirurgie conservatrice de l’oeil à destination des ophtalmologistes ont pu être mis en place.

Un essai clinique pour améliorer la qualité de vie des malades

Le mélanome uvéal est un cancer rare de l’adulte, pour lequel 30 à 50 % des patients développent des métastases, principalement hépatiques. Or à ce stade de la maladie, la survie moyenne est d’environ 12 mois, quel que soit le traitement. L’évolution métastatique se fait le plus souvent en l’absence de symptômes physiques. Ce décalage entre la bonne condition physique du patient et le mauvais pronostic rend l’annonce particulièrement difficile pour le patient, mais aussi pour le médecin, et la transition entre la prise en charge active de la maladie métastatique et les soins de support est souvent mal vécue. Pourrait-on améliorer le vécu des malades et leur qualité de vie en leur proposant des soins de support dès le diagnostic des métastases, et ce même en l’absence de symptômes spécifiques ? C’est pour répondre à cette question que vient d’être lancé l’essai clinique « Early Together » sous la direction du Dr Sophie Piperno-Neumann, oncologue médicale à l’Institut Curie, en collaboration avec le Centre Antoine Lacassagne de Nice. Ce projet comprend aussi une formation des médecins par un expert international dans le domaine de l’annonce du pronostic et de l’incertitude. Les premiers résultats sont attendus pour 2021.

L’Institut Curie au coeur des réseaux nationaux de référence

Les cancers de l’oeil sont des tumeurs très rares. Ils nécessitent donc une très grande expertise, ainsi qu’une étroite collaboration entre ophtalmologues, oncologues médicaux, anatomopathologistes qui examinent les biopsies, radiothérapeutes spécialisés et pédiatres, même lorsqu’il s’agit de tumeurs chez l’enfant. C’est pour ces raisons que des réseaux nationaux de référence ont été créés, et labellisés par l’Institut national du cancer. Ces réseaux assurent à chaque patient atteint d’une tumeur rare l’accès à une expertise médicale permettant de garantir la qualité du diagnostic et à des choix thérapeutiques discutés par plusieurs experts. Ils sont animés par des centres nationaux de référence. Aujourd’hui, l’Institut Curie est le centre national de référence pour les rétinoblastomes. Par ailleurs, il coordonne le réseau national de référence pour les mélanomes choroïdiens (réseau Mélachonat, financé par Malakoff Mederic), qui représentent 80 % des cas de mélanomes de l’uvée, et celui pour les lymphomes intraoculaires et cérébraux (réseau LOC) en collaboration avec le CHU Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris).

Former les médecins africains

Le rétinoblastome touche environ un enfant sur 18 000 naissances. En Afrique subsaharienne, où la natalité est très forte, le nombre de cas est important. Or il n’y avait aucun traitement disponible là-bas jusqu’ à récemment. Les diagnostics sont souvent tardifs et le taux de mortalité était donc très élevé

 raconte le Dr Laurence Desjardins, ophtalmologue à l’Institut Curie.

Pour remédier à cela, l’Institut Curie, en partenariat avec l’Alliance mondiale contre le cancer et avec le soutien de la Fondation Sanofi Espoir et de l’association Rétinostop, a mené différentes campagnes de formation de médecins au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal notamment. « Nous avons développé la collaboration entre oncologues, ophtalmologues et pédiatres afin que les diagnostics soient plus précoces, formé les médecins aux traitements ophtalmologiques locaux pour améliorer la prise en charge, et organisé des campagnes d’ information du grand public. » Résultat : à Bamako (Mali), première capitale où le programme a été développé, le taux de rémission complète pour les formes précoces de rétinoblastome est passé de 33 % en 2011 à 80 % aujourd’hui ! Le programme continue avec maintenant le soutien de la fondation suisse Pathway Foundation et devrait désormais s’étendre aux pays africains anglophones et lusophones.