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Recherche, ça avance !

Émilie Gillet
28/04/2021
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En 2018, l’Institut Curie obtient le label d’excellence européen Comprehensive Cancer Center grâce au travail des 3 600 collaborateurs de l’Institut.

Chimiothérapie : la désescalade thérapeutique.

Découverte après la chirurgie et la radiothérapie, la chimiothérapie est un traitement du cancer à l’efficacité redoutable qui a permis des gains considérables en matière d’espérance de vie pour les malades ces cinquante dernières années. Mais parce qu’elle ne cible pas précisément les cellules cancéreuses et est le plus souvent administrée par voie générale, les effets secondaires sont parfois sérieux, avec un impact important sur la qualité de vie des patients.

C’est donc sur ce sujet que chercheurs et médecins se sont concentrés pour apporter des progrès. Se développent d’une part des programmes de chimiothérapie à domicile, mais aussi de traitements à prendre par voie orale. Des équipes travaillent par ailleurs à la mise au point de chimiothérapie « ciblée » : il s’agit par exemple de molécules actives couplées à des anticorps ou enveloppées dans des nanoparticules biodégradables permettant de les adresser précisément et uniquement aux cellules cancéreuses. En parallèle, un autre objectif est la désescalade thérapeutique, c’est-à-dire de n’administrer une chimiothérapie qu’aux patients chez qui elle va être efficace.

Dans le cas du cancer du sein par exemple, différents tests ont été mis au point pour tenter de prédire l’efficacité d’une chimiothérapie en se basant sur le profilage biologique de la tumeur. Il s’agit notamment des tests Oncotype DX, Prosigna et Endopredict. Des études récentes ont montré la pertinence de ces tests et pour quelles femmes ils sont décisifs. Une désescalade thérapeutique en chimiothérapie est aussi envisagée pour certains cancers des testicules ou de la gorge. Et même pour des cancers du poumon grâce aux progrès de l’immunothérapie et des thérapies ciblées.

La révolution des mégadonnées

Avec l’avènement du numérique, le monde de la santé est entré dans l’ère des mégadonnées (ou big data) : les données sont de plus en plus abondantes, et notre capacité à les collecter, les stocker, les structurer et les analyser ne fait qu’augmenter. Associées à l’expertise des médecins et des chercheurs, ces capacités ouvrent de nouvelles perspectives dans la lutte anticancer. Récemment, plusieurs équipes ont ainsi montré que des programmes informatiques correctement conçus sont plus à même de diagnostiquer des tumeurs atypiques de la peau ou du sein à partir d’une image médicale que le regard d’un médecin.

D’autres programmes ont été mis au point pour aider à prédire la réponse à l’immunothérapie de certaines tumeurs solides, et donc ne traiter que les patients qui vont en tirer un bénéfice. D’autres équipes utilisent l’intelligence artificielle pour déterminer de nouvelles cibles thérapeutiques en analysant des dizaines de milliers de génomes de cellules cancéreuses par exemple. Mais pour que toutes les données générées par les programmes de recherche et les systèmes de santé dans notre pays soient utiles, encore faut-il qu’elles soient structurées. C’est notamment l’objectif du programme ConSoRe mis en place par Unicancer : il s’agit d’un outil qui collecte, analyse et structure les données, associé à un moteur de recherche multicritère. L’objectif de cet outil est ainsi de faciliter la recherche d’informations et leur partage entre médecins et chercheurs de différents Centres de lutte contre le cancer. 

L’enjeu n’est pas la compétition entre deux intelligences mais au contraire leur association. Comment l’intelligence humaine pourra utiliser l’intelligence de synthèse pour se faciliter la tâche.

Rappelait en mars 2018 le mathématicien et député Cédric Villani dans son rapport sur le développement de l’intelligence artificielle en France.

 

L’essor des soins de support

Proposer aux patients une prise en charge globale afin de les soigner, mais aussi de prendre soin d’eux et d’améliorer leur qualité de vie pendant et après leur maladie, telle est la raison d’être des soins de support. Ces dernières années, ils ont profondément modifié le paysage de la lutte contre le cancer. Les soins de support sont intégrés à la prise en charge oncologique dès le diagnostic, pendant et après les traitements et jusqu’à la fin de vie.

Ils ont pour objectif l’amélioration de la qualité de vie sur les plans physique, psychique et social, en prenant en compte la diversité des besoins et la singularité de chaque patient. S’ils ont été initiés en 2005 par une circulaire puis une mesure du premier plan Cancer relatives à l’organisation des soins, les soins de support répondent en réalité à des demandes formulées dès 1998 lors des premiers États généraux des patients atteints de cancer.

Centrés essentiellement sur la prise en charge de la douleur, la fatigue, des problèmes nutiritionnels et le soutien psycho-social, ils se développent également dans le domaine de la prévention sur la préservation de la fertilité, la promotion de l’activité physique, le soutien des proches et le développement de l’éducation thérapeutique. Comme l’explique l’Institut national du cancer, les soins de support « font partie intégrante de la prise en charge et ne sont ni secondaires ni optionnels ». Les soins de support sont assurés par des équipes multidisciplinaires, à l’hôpital comme en médecine de ville.