"Guérir le regard", un film-documentaire sur la reconstruction après une mastectomie par l’Institut Curie

Lydie Wintz
11/12/2020
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"Guérir le regard", premier film-documentaire sur la reconstruction après une mastectomie, accompagne les patientes vers leur propre voie de reconstruction qu'elle soit chirurgicale, psychologique, amoureuse, sociale.
Atelier MDPP - Cancer du sein
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Etape de la lutte contre un cancer du sein, la reconstruction n'est pas toujours abordée par le cancérologue. C'est pourquoi le groupe Info-Sein - soignées et soignants - créé en 2012, a travaillé pendant 2 ans à l'Institut Curie pour apporter l'expérience des patientes et de leurs proches au travers de témoignages et l'expertise des professionnels de santé. "Guérir le regard, se reconstruire après une mastectomie" est, de fait, un outil innovant d'information destiné à permettre à chacune des femmes concernées de choisir sa voie de reconstruction, chirurgicale ou non, en toute sérénité malgré la perte d'un sein (52 minutes – Réalisation : Caroline Swysen – Production : Institut Curie et Kepler 22 productions– oct. 2014).

Découvrir la vidéo.

 

La mastectomie

Il n’y a pas de mots pour décrire la perte d’un sein. Cette épreuve, aussi difficile que cachée pour la plupart des femmes, est le point de départ de leur chemin vers la reconstruction, soit chirurgicale, soit par un autre chemin.

 

  • Témoignage : le parcours de Léna

« Cette cicatrice, c’est une blessure de guerre ». A 30 ans, Léna est atteinte par un cancer du sein. Sa maladie, sa bataille. Aujourd’hui, elle revient sur son parcours, son état d’esprit avant la mastectomie et son sentiment face à la cicatrice.

Ecoutez la suite du témoignage de Léna.

  • Paroles de soignants

« Une patiente ne se retrouve jamais seule après une mastectomie, elle doit être prête. » L'accompagnement des patientes est primordiale dans leur parcours de soin avant, pendant et après l'opération. Ecoutez la parole de nos experts par ici. 

 

La reconstruction chirurgicale

Chaque technique peut être utilisée autant dans le cadre d’une reconstruction immédiate que secondaire. Il y a autant de reconstructions que de femmes. Chacune la voudra, puis la vivra selon son histoire, son tempérament, sa relation avec son corps, son entourage. Il n’y a pas de règle non plus quant au vécu du résultat. Certaines seront simplement satisfaites quelle que soit la qualité esthétique, d’autres n’auront de cesse de chercher une perfection. Il reste néanmoins prudent de rappeler que le sein perdu n’est jamais retrouvé, il est remplacé.

 

La reconstruction immédiate

  • Témoignage : le mots des femmes

La reconstruction immédiate concerne principalement les femmes atteintes de cancers in situ ou ayant une récidive. Malgré le caractère séduisant d’avoir le choix de ne pas perdre « son sein », il faut être attentif au délai très court – 3 semaines environ- entre l’annonce de la mastectomie et l’intervention. Il est donc utile de rappeler que les femmes ont toujours le choix de réfléchir et de préférer une reconstruction dans un temps secondaire.

  • Paroles de soignants

« Il est difficile de gérer une déconstruction et reconstruction à la fois. » Pour paraitre féminine à leurs yeux ou pour balayer la maladie, de nombreuses femmes font le choix de passer par une reconstruction immédiate après une mastectomie. Nos experts prennent la parole et reviennent sur l’importance de se laisser le temps avant de prendre sa décision.

La reconstruction secondaire

La reconstruction secondaire est dans le meilleurs des cas un choix mûri et voulu. Les femmes ont eu le temps de vivre sans sein, et c’est fortes de cette expérience qu’elles prennent la décision de se lancer dans ce parcours : une intervention principale pour la reconstruction du volume mammaire. Des interventions secondaires sont généralement pratiquées dans un deuxième temps : symétrisation des deux seins avec assez souvent une intervention sur le deuxième sein, la reconstruction de l’aréole et du mamelon avec parfois du lipofilling pour affiner la forme et le volume.

 

  • La reconstruction par lipomodelage

Lors de ces phases de finition, le mamelon est reconstruit par greffe de peau ou avec la moitié du mamelon opposé. L’aréole est refaite avec une greffe de peau prélevée dans le pli de l’aine, ou bien simplement tatouée avec des produits naturels. Certaines femmes décident de s’arrêter avant et restent sereinement sans mamelon, l’essentiel étant de retrouver avant tout un volume mammaire. Lors de cette phase, ce volume peut aussi être amélioré par injection de graisse (« lipomodelage » ou « lipofilling »).

Ecouter le témoignage de Marie.

  • Les reconstructions autologues

La reconstruction par grand dorsal.

La reconstruction par le muscle grand dorsal est la plus ancienne et la plus solide des reconstructions autologues. Selon les cas, elle peut être doublée d’une prothèse ou, dans un second temps, d’une injection de graisse. Découvrir le parcours d'Elisabeth.

La reconstruction par diep et tram.

Le principe du diep [deep inferior epigastric perforator (trad : lambeau libre de peau abdominale vascularisée par les perforantes épigastriques inférieures)] est de remodeler un sein avec un lambeau de peau et de graisse prélevé sur le ventre, et dont les vaisseaux sont sectionnés pour être rattachés à ceux de la loge du sein manquant. Le tram [transverse rectus abdominis myocutaneous] est « l’ancêtre » du diep, et désormais plutôt son alternative. Son principe est de prélever le muscle abdominal grand droit et ses vaisseaux en plus du lambeau de graisse et de peau du ventre. Contrairement au diep, le lambeau reste ici toujours rattaché au corps. C’est donc une reconstruction solide. Mais la fragilisation de la paroi abdominale peut être considérée comme un inconvénient important. Découvrez le parcours de Danielle.

La reconstruction par prothèse.

La reconstruction par prothèse est l’intervention la plus simple et la plus légère, qui génère le moins de cicatrices, mais a l’inconvénient de rendre un sein moins naturel qui induit une asymétrie de la poitrine avec le temps. Par ailleurs une intervention est à prévoir tous les 10 à 15 ans pour la remplacer.

Ecoutez le témoignage des femmes qui ont fait le choix d'une reconstruction par prothèse.

Ecoutez le mot des experts sur la reconstruction par prothèse.

 

  • Les étapes de finitions

Lors de ces phases de finition, le mamelon est reconstruit par greffe de peau ou avec la moitié du mamelon opposé. L’aréole est refaite avec une greffe de peau prélevée dans le pli de l’aine, ou bien simplement tatouée avec des produits naturels. Certaines femmes décident de s’arrêter avant et restent sereinement sans mamelon, l’essentiel étant de retrouver avant tout un volume mammaire. Lors de cette phase, ce volume peut aussi être amélioré par injection de graisse (« lipomodelage » ou « lipofilling »). En savoir plus sur les étapes de finitions.

La reconstruction non-chirurgicale

 

70%
des femmes, ne se reconstruisent pas chirurgicalement.

Mais ce chiffre élevé ne signifie pas que ce soit si simple de faire ce choix face à soi-même, ses proches, les médecins ou la norme esthétique et sociale. S’accepter pour revivre, voici l’idée d’une reconstruction non-chirurgicale. Développer son projet, se tatouer, redécouvrir la vie après la maladie. Découvrez le parcours de femmes, qui ont fait le choix de se reconstruire sans chirurgie. 

Les interrogations

Comment la perte d’un sein s’immisce-t-elle dans la vie sexuelle ? Peut-on se faire reconstruire après un certain âge ? La présence de métastases interdit elle la reconstruction ? Les métiers de la création peuvent-ils être aussi au service de la santé ?

Ecoutez le témoignage des femmes, face à leurs interrogations.

 

Conclusion

La création commence à être un nouvel outil d’accompagnement thérapeutique proposé en parallèle ou à la suite des traitements médicaux. Un travail photographique, la création d’une ligne de vêtements, la réalisation d’un film documentaire, des binômes artiste-patients, la danse thérapie, un travail artistique sur le corps peuvent s’avérer de véritables moteurs de vie, et d’autres idées encore…

Retrouvez bien plus d’informations en découvrant notre série vidéo dédiée sur YouTube.

 

Nous souhaitons remercier tous les partenaires de ce projet ! 

Les partenaires financiers : 

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Les partenaires de diffusion :  

Partenaires de diffusion - Guérir Le Regard

Cette page ne remplace pas une consultation médicale, ni les fiches techniques chirurgicales. Ce n'est pas une encyclopédie médico-chirurgicale. Il a pour objectif de répondre aux questions que toute femme se pose à l'annonce d'une mastéctomie, qu'elles soient d'ordre médical ou sensible.

 

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