Journée mondiale sans tabac du 31 mai - Hausse des cancers du poumon et des cancers ORL chez les femmes : une catastrophe annoncée

Service de presse
23/05/2022
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Le tabagisme féminin est en forte hausse depuis le début des années 70. Cette journée est l’occasion d’alerter l’opinion sur l’augmentation préoccupante des cas de cancers du poumon et des cancers ORL chez les femmes, qui ne cessent d’augmenter depuis les années 90.
Alerte journée sans tabac

La lutte contre le tabagisme est l’une des priorités de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030. La France connaît une des consommations les plus élevées parmi les pays occidentaux : un adulte sur 4 fume quotidiennement.

« Le tabac est le premier facteur de risque de cancer, responsable d’un cancer sur cinq et d’un décès sur trois par cancer. Consommer du tabac augmente le risque de 17 localisations différentes de cancer, rappelle le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie. Nous devons tous nous mobiliser pour réduire la consommation de tabac aujourd’hui afin de réduire le nombre de cancers dans 15 ou 20 ans ».

Chiffres clés 

  • 20,7% des femmes âgées de 18 à 75 ans fument quotidiennement
  • 46 000 nouveaux cas de cancers du poumon chaque année en France dont 30% chez les femmes
  • 17 000 nouveaux cas de cancers ORL chaque année en France dont 25% chez les femmes
  • En 2019, le cancer du poumon est le 3eme cancer féminin par sa fréquence suivi en 4e place par les cancers ORL, derrière les cancers colo-rectaux (2e) et les cancers du sein (1er).

Source INCa 2018-2019

Premier facteur de risque de cancer, le tabac est responsable d’un cancer sur cinq

Le tabagisme, en particulier féminin, est en hausse depuis le début des années 1970. En 2019, ce sont 20,7% des femmes âgées de 18 à 75 ans qui fument quotidiennement.

« L’Institut Curie est un centre de référence dans le traitement des cancers de la femme et le 1er centre européen de prise en charge des cancers du sein. Aujourd’hui, le cancer qui augmente le plus chez la femme est le cancer du poumon et ceci en lien direct avec l’augmentation du tabagisme féminin. Il y a un paradoxe à faire reculer année après année le nombre de décès par cancer du sein pour voir augmenter de plus de 5% par an le nombre de cancer du poumon chez les femmes », souligne le Pr Le Gouill.

Depuis les années 1990, on constate une nette augmentation des cas de cancers du poumon et ORL chez la femme, cancers liés majoritairement au tabac.

Entre 1990 et 2018[1] chez les femmes :

  • + 496% de cas de cancers du poumon
  • + 130% de cas de cancers des lèvres, de la bouche et du pharynx (gorge et amygdales)
  • +  42% de cas de cancers du larynx (cordes vocales)

[1] Source INCa 2018-2019

Pour un dépistage précoce des personnes à risque de cancer du poumon

 « Plusieurs études ont démontré que la réalisation d’un scanner thoracique en faible dose chez les sujets à risques (fumeurs âgés de 50 ans et plus) permet la détection de tumeurs pulmonaires débutantes et réduit le risque de décès par cancer du poumon, précise le Pr Nicolas Girard, oncologue et pneumologue à l’Institut Curie, responsable de l'Institut du Thorax Curie-Montsouris. Une toux persistante ou une bronchite qui ne passe pas doivent inciter à consulter, précise le spécialiste. Aujourd’hui, les options thérapeutiques pour les patients atteints de cancer du poumon sont toujours plus personnalisées et les travaux de recherche permettent de développer sans cesse de nouvelles stratégies thérapeutiques (thérapies ciblées, immunothérapies, combinaisons de traitements.). Si de telles avancées prometteuses sont combinées à un dépistage organisé et précoce à une large échelle, la perspective en matière de pronostic et de survie des patients sera décuplée. »

Cancers ORL : les signes qui doivent alerter

Moins connus, les cancers ORL représentent une variété de tumeurs situées au niveau de la tête et du cou, en particulier de la cavité buccale, du pharynx et du larynx. 

Les signes qui doivent alerter :

  • Difficultés pour avaler
  • Voix modifiée
  • Difficultés pour respirer
  • Douleurs de gorge
  • Aphte / plaie dans la bouche ou la gorge
  • « Boule » ou masse au niveau du cou ou de la face
  • Saignements répétés

« C’est la persistance de ces signes plus de 3 semaines qui doit alerter et faire rapidement consulter un spécialiste qui guidera alors les investigations complémentaires nécessaires, précise le Dr Maria Lesnik, chirurgienne, spécialiste des cancers ORL à l’Institut Curie. Il faut également avoir en tête que tabac plus alcool forment un cocktail explosif, qui augmente fortement les risques ».

À l’Institut Curie, premier centre français de lutte contre le cancer en nombre de patients traités, plus de 1 000 patients sont pris en charge pour un cancer de l’appareil respiratoire et 500 patients pour un cancer ORL chaque année (chiffres 2020).

L’Institut Curie est expert dans la prise en charge pluridisciplinaire des cancers du poumon et des cancers ORL ainsi que dans la capacité à proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques grâce à une recherche clinique innovante et dynamique.

Un accompagnement global à tous les stades de la maladie permet par ailleurs aux patients de vivre mieux pendant et après les traitements.

Pour en savoir plus

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