Le cancer de la peau

Céline Giustranti
22/03/2017
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Les carcinomes cutanés sont les cancers de la peau les plus fréquents et sont facilement guerissables . Plus rares, les mélanomes de la peau sont en revanche beaucoup plus agressifs.
Cancer Adulte - Cancer de la peau
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Qu’est-ce que les cancers de la peau ?

Le terme de cancer de la peau recouvre deux types de tumeurs cutanées distinctes :

  • les carcinomes baso- ou spino- cellulaires (appelés aussi cancers épithéliaux) qui touchent les cellules épithéliales productrices de la kératine. Les formes basocellulaires sont de loin les plus fréquentes avec environ 70% des cas, soit près de 100 000 cas diagnostiqués chaque année en France. Ce sont des tumeurs de bons pronostics. Le traitement consiste généralement en une ablation chirurgicale. En cas d’exérèse incomplète, il existe un risque de récidive local. En revanche ces tumeurs ne donnent pas lieu à des métastases.
  • le mélanome qui atteint les cellules fabriquant la mélanine. En 2015, on estime à plus de 14 000 mélanomes de la peau diagnostiqués en France (source INCa).

Les cancers de la peau qui touchent aussi bien les hommes que les femmes ont vu leur incidence augmenter depuis 1980. Cette augmentation est très certainement due à l’engouement suscité par l’exposition au soleil. En effet l’exposition aux rayonnements UV est un facteur de risque avéré de survenue des cancers de la peau.

Alors que les carcinomes semblent plutôt résulter d’une exposition prolongée au soleil, une forte exposition de type coup de soleil, d’autant plus pendant l’enfance favorise le développement des mélanomes.

Si ces dernières années un léger ralentissement de l’incidence semble observer, elle peut très certainement s’expliquer par la multiplication des messages de prévention et l’utilisation de plus en plus fréquente des protections solaire qu’elles soient physiques (chapeau, T-shirt...) ou chimique (crème solaire).

Le dépistage précoce est l’un des atouts majeurs dans le traitement du mélanome de la peau. Chaque année, le syndicat des dermatologues organise une journée de sensibilisation. Plus le traitement est précoce, plus les chances de guérison sont élevées.

Par ailleurs, il existe aussi des signes dont il faut se méfier et chacun peut surveiller sa peau. Le mélanome se présente habituellement sous la forme d’une tache pigmentée (brune ou noire) plate. Dans 15 à 20 % des cas, il apparaît au niveau d’un grain de beauté dont l’aspect se modifie. Tout grain de beauté ou tâche noire qui se modifient sur la peau doit inciter à consulter un dermatologue. C’est seulement après cette première consultation et s’il existe un risque que le médecin peut vous orienter vers l’Institut Curie.

 

La prise en charge des cancers de la peau  à l’Institut Curie 

A l’Institut Curie la prise en charge concerne principalement les patients atteints de mélanome de la peau. Elle se fait en étroite collaboration avec le Service de dermatologie et vénéréologie du Groupe Hospitalier Cochin- (AP-HP, Pavillon Tarnier).

En fonction du type de mélanome et de son étendu, une chirurgie, des traitements médicamenteux (chimiothérapie, thérapies ciblées, immunothérapie) et une radiothérapie peuvent être pratiqués, seuls ou en combinaison. Les décisions thérapeutiques sont prises lors des réunions de concertation pluridisciplinaire.

Dès lors que le cancer n’a pas disséminé, la chirurgie est le traitement de référence des mélanomes de la peau. L’exérèse  chirurgicale reste en effet le traitement  le plus efficace contre le mélanome de la peau.

A l’ablation de la tumeur, s’ajoute souvent le retrait d’un ou plusieurs ganglions lymphatiques. Leur analyse permet en effet d’évaluer l’éventuel envahissement de la tumeur ou d’enrayer cette propagation.

Précurseur du développement du ganglion sentinelle dans les cancers du sein, l’Institut Curie utilise depuis plusieurs années cette technique pour déterminer les risques d’invasion métastatique chez les patients ayant un mélanome de la peau d’une épaisseur supérieure à 1mm. Cette technique, consiste à repérer le premier relais de la chaîne ganglionnaire régionale, afin d’y rechercher la présence éventuelle de cellules tumorales. La procédure permet de repérer un ganglion caractéristique de la chaîne ganglionnaire avec une gêne post-opératoire limitée et acceptable

Lorsque le ganglion sentinelle est indemne, le pronostic est favorable et une surveillance clinique régulière sans autre traitement est alors mise en place.

En revanche, si l’analyse du ganglion sentinelle montre la présence de cellules cancéreuses, l’ablation complète de la chaîne ganglionnaire est alors pratiquée. Un traitement adjuvant peut alors être proposé. Ces dernières années, les traitements médicamenteux des mélanomes ont largement évolués, avec notamment le développement des thérapies ciblées et encore plus récemment de l’immunothérapie.  Le recours à des traitements a pour objectif d’enrayer la progression tumorale.

Ces dernières années la prise en charge des formes avancées de mélanome de la peau a largement bénéficié du développement des immunothérapies. L’existence du Centre d’Immunothérapie des cancers va permettre encore d’accélérer la mise à disposition de l’immunothérapie pour les patients.

 

La recherche sur les cancers de la peau à l'Institut Curie

Plusieurs équipes de recherche se consacrent à mieux comprendre le mélanome de la peau. Les travaux de Stephan Vargner portent sur les mécanismes de résistance aux thérapies ciblées. La moitié des patients atteint de mélanome présentent une mutation d’une protéine appelée BRAF. Des médicaments ciblant cette protéine mutée, le vémurafenib (Zelboraf®) et le dabrafenib (Tafinlar), permettent de retarder significativement l’évolution de ce type de cancer de la peau. Malheureusement, au cours du temps ces anti-BRAF perdent leur efficacité. Son équipe étudie comment remédier à cette résistance.

L’équipe de Lionel Larue se consacre à l’étude des mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation de la peau à partir desquelles se développement le mélanome.

Une multiplication non contrôlée, transitoire de ces cellules induit la formation des grains de beauté dans lesquelles les mélanocytes se mettent au repos et restent inoffensifs. L’équipe Développement normal et pathologique des mélanocytes a identifié le gène qui favorise le passage des formes bénignes aux formes malignes de mélanomes. Il étudie également le potentiel d’une signature moléculaire caractéristique des cancers de la peau souvent très invasif.

Les recherches qu’elles soient fondamentales ou translationnelles menées au sein du centre d’Immunothérapie des cancers vont, elle aussi, bénéficier au mélanome de la peau, l’un des modèles de développement pour les dernières nées des immunothérapies