Octobre Rose : L’Institut Curie engagé vers les nouvelles frontières de la recherche sur les cancers du sein

Catherine Goupillon
30/08/2017
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La prise en charge des cancers du sein n’a cessé de progresser sur tous les fronts pour devenir de plus en plus personnalisée. Pour autant, 15% des cancers du sein sont encore de mauvais pronostic et touchent particulièrement les jeunes femmes. Fort de son expertise historique, l’Institut Curie mobilise aujourd’hui l’essentiel de ses forces pour trouver de nouvelles solutions thérapeutiques.
Cancer Adulte - Cancer du sein

« Grâce à la recherche, de nombreuses innovations ont permis de progresser et d’améliorer l’espérance de vie des patientes. Mais aujourd’hui, nous voyons plus loin. Nous espérons beaucoup de l’immunothérapie et nous nous mobilisons massivement pour trouver de nouvelles solutions thérapeutiques pour les cancers particulièrement agressifs », explique le Pr Rouzier.

Entretien avec le Pr Roman Rouzier

Chirurgien, spécialiste des cancers du sein et directeur de la recherche de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie

De nouveaux traitements pour les cancers du sein triple négatifs : une priorité

C’est vers ces nouvelles frontières de la recherche dans le cancer du sein que l’Institut Curie se mobilise aujourd’hui. De nombreux efforts restent à fournir pour lutter contre les tumeurs agressives, à l’image des cancers triple négatifs qui représentent 15 % des cancers du sein et touchent des femmes plus jeunes. Le cancer du sein triple négatif présente un risque de métastases plus élevé et un pronostic plus défavorable que les autres sous-types. Se développant rapidement, il s’agit souvent d’un cancer d’intervalle (découvert entre deux contrôles) ou qui survient chez des femmes pas encore concernées par le dépistage.

De nombreuses recherches sont en cours pour identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour cela, l’Institut Curie s’appuie sur l’expertise unique et mondialement reconnue de l’oncologue belge Martine Piccart qui va multiplier les recherches cliniques dans ce domaine en s’appuyant sur les dernières découvertes du Centre de recherche de l’Institut Curie, notamment les travaux très prometteurs de Fatima Mechta-Grigorou qui ont permis d’identifier un marqueur de sensibilité à la chimiothérapie et donc de comprendre en partie pourquoi les patientes atteintes de cancer du sein triple négatif ne répondent pas toutes de la même façon à la chimiothérapie. De grands espoirs se portent également sur l’immunothérapie, pour laquelle l’Institut Curie ouvrira un centre dédié fin 2017. Nous menons également des recherches pour évaluer des combinaisons thérapeutiques (radiothérapie + inhibiteur de PARP).

L’hormonothérapie : 5 ou 10 ans de traitement

Certains cancers du sein sont sensibles aux hormones de la reproduction : celles-ci stimulent la croissance des cellules cancéreuses. Une hormonothérapie est ainsi prescrite dans 75% des cas de cancers du sein. Elle permet de bloquer l’action des hormones sur les cellules tumorales surexprimant les récepteurs hormonaux (oestrogènes et progestérone) et empêche ainsi la tumeur de proliférer.

Dans la majorité des cas, elle est administrée en situation adjuvante (après d’autres traitements comme la chirurgie) et vise à limiter le risque de récidive. Chez les femmes pré-ménopausées, il s’agit du tamoxifène et chez les femmes post-ménopausées des inhibiteurs d’aromatase.

L’hormonothérapie est le plus souvent très efficace puisque nous observons 50% de récidive en moins grâce à ce traitement. L’enjeu aujourd’hui est d’adapter la durée de l’hormonothérapie, 5 ans, 10 ans, voire plus, selon le niveau de risque de chaque patiente. Or c’est une question importante pour la qualité de vie des femmes : certains effets secondaires peuvent apparaître, tels que bouffées de chaleur, sécheresse vaginale ou baisse de la libido. Par ailleurs, la question de l’observance du traitement se pose également sur des prises de longue durée entrainant des effets secondaires importants sur la vie des femmes. Un projet d’étude est en cours à l’Institut Curie avec le Dr Paul Cottu pour mieux identifier les malades concernées par une prise de 10 ans ou plus et pour obtenir des données sur leur qualité de vie.

Dépistage : détecter des tumeurs plus petites

Depuis quelques années, le dépistage fait l’objet de débats et de polémiques récurrentes car il serait source potentielle de sur-diagnostics et de sur-traitements[1].

Selon moi, il ne faut pas remettre en cause le dépistage organisé, dont aucun pays développé ne se prive, mais évaluer scientifiquement une potentielle désescalade thérapeutique dans les cancers du sein in situ. Il faut retenir qu’il permet de détecter, grâce à une mammographie de meilleure qualité et une double lecture des clichés, une tumeur de moins de 2 cm, sans atteinte ganglionnaire, puis de la traiter sans chimiothérapie et en conservant le sein dans 85 % des cas environ. Chez les femmes ayant été dépistée, le taux de mastectomie est de 15% et nous recourons à la chimiothérapie dans 29% des cas. Chez celles qui n’ont pas participé au dépistage, le taux de mastectomie monte à 25% et le traitement par chimiothérapie est prescrit dans 44% des cas. Le bénéfice du dépistage est également confirmé par une étude de l'Institut Curie : depuis 1980, le taux de mortalité est passé de 30-35 % à 7-10 %, un résultat obtenu pour moitié grâce au dépistage et pour moitié aux progrès thérapeutiques.

Le risque de sur-diagnostiquer et de sur-traiter existe avec le cancer intra-canalaire (in situ) et la communauté scientifique en a conscience. Avec le dépistage organisé, on estime que 10 à 20% des cancers seraient sur-diagnostiqués, ce qui peut amener à sur-traiter chez les femmes les plus âgées des tumeurs qui ne se seraient pas nécessairement développées. Mais nous ne savons pas bien identifier les cas qui vont ou ne vont pas évoluer. Il faut donc traiter toutes les patientes.

 

Octobre Rose à l’Institut Curie

« Chuis pas docteur » : la reconstruction mammaire expliquée à tous par Lili Sohn

L’Institut Curie et l’illustratrice Lili Sohn s’associent pour lancer « Chuis pas Docteur », une série pour expliquer le cancer et, surtout, les traitements du cancer. Premier sujet : 5 vidéos pédagogiques au ton résolument décalé sur la reconstruction mammaire.

Diep, reconstruction par lambeaux, lipomodelage… Ces vidéos courtes (3 à 4 minutes) abordent une grande partie des questions autour de la reconstruction mammaire en la dédramatisant par l’humour. Une arme pratiquée de longue date par l’illustratrice elle-même opérée d’un cancer du sein avant l’âge de 30 ans.

Retrouvez d’ores et déjà sur Youtube les deux premières vidéos consacrées à la reconstruction mammaire avec la technique du DIEP et celle du lambeau grand dorsal.

Tricotons ensemble un ruban rose contre le cancer !

Au printemps, l’Institut Curie lançait un défi solidaire : tricoter le ruban rose le plus long possible pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein ! Cette œuvre collaborative, imaginée par des patientes, a mobilisé des patients, leur entourage, des associations partout en France, les personnels de l’Institut Curie…

Elle sera installée vendredi 29 septembre à 10h30, comme coup d’envoi d’Octobre Rose, sur les bâtiments de l’Institut Curie rue d’Ulm à Paris, en présence de Sophie Thalmann, marraine de l’opération, animatrice TV et co-fondatrice de l’Association Les Bonnes Fées, et de participants et associations ayant contribué à cette chaîne de solidarité. Retrouvez toutes les informations sur l’opération « Tricote-moi un ruban rose » sur le site internet www.curie.fr

Vente aux enchères caritative « Des femmes donnent aux femmes, des hommes aussi ! »

L’Institut Curie s’associe à la maison de ventes Art Valorem et à l’Hôtel des Ventes Drouot pour la 6e édition de la vente « Des femmes donnent aux femmes, des hommes aussi ! ». Elle réunira de nombreux noms du design, du spectacle et des arts qui proposeront à la vente des objets personnels, dont les bénéfices serviront à développer des programmes innovants sur le cancer du sein à l’Institut Curie.

Toutes les informations sur la vente sont disponibles sur le site internet de l’Institut Curie.

Rendez-vous jeudi 5 octobre 2017 à 19h30 à l’Hôtel des ventes Drouot et sur www.drouotlive.com

 

Ces 30 dernières années, l’Institut Curie a suivi plus de 60 000 femmes atteintes de cancer du sein.

Parmi les plus grands centres européens de prise en charge, l’Institut Curie dispose des atouts indispensables pour combattre ce problème de santé majeur grâce à des interactions fortes entre chercheurs et médecins au bénéfice des patientes. Médecins, chercheurs et soignants appréhendent la pathologie sous tous les angles : du plus fondamental, pour comprendre le développement tumoral et les caractéristiques spécifiques des différents types de cancer du sein, jusqu’au plus concret pour faciliter la vie des patientes et l’après cancer.

6 800 patientes prises en charge chaque année à l’Institut Curie dont 2 900 nouveaux cas, ce qui représente plus d’un quart des cancers du sein en Île-de-France

Plus de 17 % des patientes de l’Institut Curie participent à des essais cliniques et ont ainsi accès aux dernières innovations.

 

Pour en savoir plus

Cancer féminin le plus fréquent avec 54 000 nouveaux cas par an estimés en France et deuxième cancer dans l’ensemble de la population après celui de la prostate, le cancer du sein est un problème majeur de santé publique.

Si l'incidence du cancer du sein a fortement augmenté jusqu'en 2005, elle tend depuis à diminuer, tout comme la mortalité même si ce cancer reste encore le plus meurtrier avec 12 000 décès chaque année.

Le dépistage est organisé de 50 à 74 ans avec une mammographie tous les 2 ans. Il répond aux objectifs avec 70% de tumeurs diagnostiquées à un stade très précoce (moins de 2 cm et sans envahissement des ganglions, ce qui évite des traitements tels que la mastectomie totale et la chimiothérapie tout en assurant une très grande probabilité de survie). Sa couverture reste cependant insuffisante avec un taux de participation de 52,7 %, soit près de 2 500 000 femmes dépistées au cours de l’année.

Chiffres clés

54 000 nouveaux cas estimés en France en 2015*

Age moyen au diagnostic en France = 63 ans*

86 % sont en vie 5 ans après le diagnostic*

* Source : INCa 

 

A propos de l’Institut Curie

L’Institut Curie, acteur de référence de la lutte contre le cancer, associe un centre de recherche de renommée internationale et un ensemble hospitalier de pointe qui prend en charge tous les cancers y compris les plus rares.

Fondé en 1909 par Marie Curie, l’Institut Curie rassemble sur 3 sites (Paris, Saint-Cloud et Orsay) plus de 3 300 chercheurs, médecins et soignants autour de ses 3 missions : soins, recherche et enseignement.

Fondation privée reconnue d’utilité publique habilitée à recevoir des dons et des legs, l’Institut Curie peut, grâce au soutien de ses donateurs, accélérer les découvertes et ainsi améliorer les traitements et la qualité de vie des malades. Pour en savoir plus : www.curie.fr

Contact Presse

Agence Hopscotch

Perrine Carriau – 01 58 65 10 30 – pcarriau@hopscotch.fr

Elise Chouguiat – 01 58 65 10 80 – mchouguiat@hopscotch.fr

Institut Curie Catherine Goupillon-Senghor - 01 56 24 55 23 service.presse@curie.fr

 

[1] Même si selon une étude canadienne souvent citée, la mammographie ne réduirait pas la mortalité, une méta-analyse, portant sur 11 essais randomisés réalisés à travers le monde, montre une baisse de 20 % de la mortalité grâce au dépistage précoce.

Communiqué de presse