Ruban Rose pour Elisabetta Marangoni

Valérie Devillaine
01/10/2020
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Son parcours orienté depuis toujours sur le cancer du sein et ses compétences pointues sur les xénogreffes ont valu à Elisabetta Marangoni, chercheuse à l’Institut Curie, de recevoir cette année le prestigieux prix Ruban Rose.
Elisabetta Marangoni

110 000 euros et trois années pour explorer le métabolisme énergétique de métastases de cancer du sein et tester de nouvelles options thérapeutiques : Elisabetta Marangoni se réjouit de ces nouvelles perspectives de recherche que lui offre le prix Ruban rose. Un choix du jury naturellement motivé par l’expérience et l’engagement de longue date de la chercheuse dans ce domaine.

Après son enfance en Suisse, Elisabetta Marangoni choisit d’étudier la biologie « parce que j’étais intéressée par la mécanique des cellules », mais « en lien avec la pathologie ». Les nombreux scientifiques et médecins de la famille ne sont peut-être pas pour rien dans son choix... Elle effectue ses premiers cycles universitaires en Italie où, dès le master 2, elle s’oriente sur une thématique en lien avec l’oncologie. Direction ensuite la France pour une thèse à l’Institut Gustave-Roussy (Villejuif) avant de rejoindre l’Institut Curie qu’elle n’a plus quitté depuis vingt ans. Elle ne quittera plus non plus la thématique du cancer du sein depuis sa rencontre avec Marie-France Poupon.

Elle était la première en Europe, à l’Institut Curie, à fabriquer des xénogreffes de tumeurs du sein

 se souvient-elle.

Elisabetta Marangoni perçoit tout de suite le potentiel pour la recherche de ces modèles précliniques qui reproduisent, dans un autre organisme, le comportement de tumeurs d’origine humaine. Après le départ en retraite de son mentor, elle poursuit donc ses travaux de laboratoire sur ces précieux outils biologiques. Et c’est naturellement un projet de recherche s’appuyant sur ces xénogreffes dérivées de patients qui lui vaut de recevoir cette année le prix Ruban rose.

La chercheuse vient de publier un résultat très prometteur dans la célèbre revue, Nature communications. Grâce à ces xénogreffes, elle a mis en évidence qu’une enzyme appelée PLK1, déjà bien connue pour son implication dans la prolifération des cellules, était particulièrement abondante dans des métastases de cancers du sein résistantes aux traitements hormonaux et aux médicaments inhibiteurs du cycle cellulaire. Mieux encore, elle a testé un inhibiteur de PLK1 sur ces modèles et constaté une régression des tumeurs allant jusqu’à leur disparition complète dans certains cas. Forte de ces découvertes, elle a soumis au prix Ruban rose un projet pour poursuivre cette piste en étudiant de manière plus globale le métabolisme énergétique de ces métastases et tester d’autres médicaments déjà utilisés pour bloquer ce métabolisme énergétique dans d’autres pathologies. Le jury du prix Ruban rose a donc su reconnaître le potentiel de son projet :

C’est une reconnaissance que j’apprécie beaucoup et je me réjouis de mettre à profit ce prix. L’Institut Curie offre un cadre optimal pour de tels travaux, grâce aux compétences et au savoir-faire du Laboratoire d’investigation préclinique, à la présence de chercheurs d’excellence dans le Centre de recherche, et aux nombreuses collaborations possibles avec les médecins, pathologistes, chirurgiens, généticiens de l’Ensemble hospitalier.

 

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