Actualité - Cancers du sein

COVID-19 et cancers du sein : mortalité et fréquence

Catherine Goupillon
30/04/2020
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Pas d’argument pour une surmortalité chez les patientes traitées pour un cancer du sein et atteintes par le virus
Cancer du sein et chimiothérapie

Dans une première étude mondiale menée sur les patientes en cours de traitement pour un cancer du sein à l’Institut Curie et présentant une infection par le SARS-CoV-2, les médecins rapportent l’absence de surmortalité majeure apparente chez les femmes atteintes par le virus et traitées pour un cancer du sein. Le COVID-19 ne semble non pas plus fréquent chez les patientes traitées que dans la population générale. Cette étude, sous presse dans le journal Breast Cancer Research, est disponible sur les serveurs de publications scientifiques et médicales MedRxiv et HAL. 

L’Institut Curie, premier centre de prise en charge des cancers du sein en France et en Europe, a mobilisé ses équipes pour mener une étude s'intéressant aux rapports entre COVID-19 et cancer du sein. Il s’agit de la première étude mondiale s’intéressant aux femmes en cours de traitement actif contre un cancer du sein et atteintes par le COVID-19.

Rappelons que les patients atteints de cancer étaient considérés jusqu'à présent comme plus à risque de forme grave (et de décès) de COVID-19, sur la base d’études chinoises ne faisant pas de distinction selon le type de cancer. Ces résultats restaient donc à préciser.

L’article scientifique mis en ligne fait état des symptômes, des caractéristiques et du devenir des patientes ayant un cancer du sein en cours de traitement et présentant une infection prouvée par le SARS-CoV-2.

Plus de 15,000 patientes sont actuellement en cours de traitement actif (reçu au cours des 4 derniers mois) pour un cancer du sein dans les hôpitaux de l’Institut Curie (Paris et Saint-Cloud).

Seulement 59 patientes ont présenté une maladie COVID-19 prouvée, ce qui semble correspondre à la fréquence estimée des cas positifs dans l’ensemble de la population française (0.2-0.4%).

« Parmi les patientes traitées pour un cancer du sein et atteintes de COVID, nous avons eu à déplorer 4 décès à ce jour, indique le Pr François-Clément Bidard, oncologue. Selon nos résultats, des comorbidités préalables (grand âge, diabète, troubles du système immunitaire...) peuvent expliquer à elles seules ces décès ».

Par ailleurs, il n’a pas été retrouvé d’association entre la gravité de la maladie et le type de traitement anti-tumoral en cours (chimiothérapie ou autre). De même il n’a pas été observé d'augmentation de la gravité du COVID-19 après radiothérapie du sein ou des aires ganglionnaires adjacentes.

Au total, le COVID-19 ne semble pas plus fréquent que dans la population générale, et sans surmortalité majeure apparente chez les femmes traitées pour un cancer du sein, ce qui est une bonne nouvelle.

 

Appréhender le déconfinement de manière personnalisée

Pour les femmes en cours de traitement, ce type d’étude, conjuguée à l’utilisation de tests sérologiques validés, va permettre d’appréhender le déconfinement de manière personnalisée, en attendant un futur vaccin.

« Pour les femmes présentant actuellement des signes possibles de cancer (par exemple apparition récente d’une masse dans le sein ou dans l'aisselle, qu’elle soit douloureuse ou non), il est important de consulter et de ne pas retarder la prise en charge : ne pas diagnostiquer et traiter conformément aux recommandations un cancer du sein pourrait être plus dangereux pour leur santé que le COVID-19 », souligne le Dr Paul Cottu, oncologue médical spécialiste du cancer du sein et chef adjoint du Département d’oncologie médicale.

 

Références

Article sous presse dans le journal "Breast Cancer Research" et disponible sur MedRxiv et HAL

Ces travaux ont été menés après approbation du comité de revue interne de l’Institut ; ils ont été entièrement financés par l’Institut Curie, avec la participation de professeurs de médecine à l’Université Paris-Saclay (UVSQ) et à l’Université de Paris.

Signataires de l’étude : Perrine Vuagnat, Maxime Frelaut, Toulsie Ramtohul, Clémence Basse, Sarah Diakite, Aurélien Noret, Audrey Bellesoeur, Vincent Servois, Delphine Hequet, Enora Laas, Youlia Kirova, Luc Cabel, Jean-Yves Pierga, Laurence Bozec, Xavier Paoletti, Paul Cottu, François-Clément Bidard

 

Pour tout complément d’information ou demande d’interview des médecins, merci de contacter le service presse :

Catherine Goupillon - 06 13 91 63 63 catherine.goupillon-senghor@curie.fr

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