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Cancer du foie : traiter en fonction de la tumeur

La prise en charge d’un cancer du foie primitif n’est pas la même que celle d’un cancer métastasique. Dans tous les cas, les décisions thérapeutiques sont prises au cours de réunions de concertation pluridisciplinaire où les médecins discutent des meilleurs traitements à mettre en place en se basant sur des recommandations de bonne pratique.

Cancer du foie : traiter en fonction de la tumeur

 

  • Le traitement d’un cancer primitif

- Si la tumeur est petite et localisée, le chirurgien va procéder à une ablation partielle du foie. La destruction de la tumeur par radiofréquence est aussi une alternative. Cette technique assez récente consiste à diffuser de la chaleur via une électrode implantée au contact de la tumeur.

- Si la tumeur est volumineuse ou disséminée en plusieurs endroits du foie, une ablation totale suivie d’une greffe peut être envisagée.

- Mais la chirurgie n’est pas toujours possible. Si la tumeur se développe sur un foie déjà malade, comme c’est souvent le cas, il risque de ne pas rester suffisamment de tissu sain pour permettre à l’organe de se régénérer et de fonctionner normalement après une ablation partielle. La chimio-embolisation reste alors la voie thérapeutique de référence. Elle va permettre de freiner la progression de la tumeur et, ainsi, de prolonger la vie du patient. Réalisée sous anesthésie locale par un radiologue, cette intervention consiste à injecter un traitement médicamenteuxde chimiothérapie directement dans le foie tout en bloquant le sang qui alimente la tumeur (embolisation). Alternative possible, la radiothérapie (destruction de la tumeur par rayons X) vise elle aussi à ralentir le développement du cancer.

 

  • Le traitement d’un cancer métastasique

- Le traitement des métastases hépatiques est, autant que possible, local. Il repose essentiellement sur la chirurgie. Un bilan très complet est pratiqué afin de dresser une cartographie précise des métastases et déterminer si le patient peut ou non bénéficier d’une intervention chirurgicale. Seulement 10 % des patients sont opérables d’emblée. Les autres reçoivent une chimiothérapie pour réduire la taille ou le nombre des métastases hépatiques  afin qu’une intervention chirurgicale puisse  être réalisée. Au cours de l’intervention, le chirurgien s’assure qu’il n’existe pas d’autres lésions qui n’auraient pas été repérées par le bilan initial. Puis il enlève la ou les métastases, avec une marge de sécurité si possible d’un centimètre.

- Le développement de la radiofréquence, ou radiologie interventionnelle, permet également de pratiquer des interventions inenvisageables par le passé. Grâce à ce procédé, on peut en effet ôter un lobe du foie présentant de nombreuses métastases et préserver l’autre lobe qui ne présenterait qu’une métastase. Celle-ci est alors détruite sans dommage pour le malade par la chaleur émise par une électrode implantée au cours de l’opération.

- Autre progrès, les thérapies ciblées. Ces molécules telles  que cetuximab et le bevacizumab permettent de bloquer la croissance de certaines tumeurs cancéreuses. Pour ce faire, elles interagissent avec une cible moléculaire, nécessaire à la croissance tumorale. Tout dépend de la nature de la tumeur, c’est pourquoi de nombreuses recherches visent à développer de nouvelles thérapies ciblées. 

 

Crédit photo : Pedro Lombardi / Institut Curie

Mathilde Regnault
13/05/2014