Identifier les vésicules amies et ennemies

Valérie Devillaine
26/03/2019
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Grâce à une méthode développée à l’Institut Curie, chercheurs français et américains vont « faire parler » des vésicules pour distinguer celles qui peuvent servir d’alliées contre le cancer et celles qui doivent être combattues.
Clotilde Théry

Nos cellules sécrètent des vésicules, des petits « sacs » contenant des molécules qui sont autant d’informations transportées ainsi vers les autres cellules. Les rôles de ces vésicules sont variés. Quand elles sont sécrétées par des tumeurs, certaines vont favoriser la réponse antitumorale de l’organisme, tandis que d’autres vont au contraire l’inhiber. Une recherche intense est menée sur ces vésicules. Leur détection, dans le sang des patients, pourrait par exemple permettre d’identifier la maladie et de suivre son évolution. Par ailleurs, ces vésicules sont aussi envisagées comme cibles de nouvelles thérapies.

Mais les recherches se butent aujourd’hui à l’hétérogénéité de ces vésicules : comment identifier les « bonnes » vésicules à cibler ?

Pour y parvenir, les chercheurs de l’Institut Curie ont développé des outils pour isoler, identifier et comparer différents sous-types de vésicules. Ils peuvent maintenant s’appuyer sur ces outils pour comprendre les fonctions de chaque sous-type et différencier notamment celles qui stimulent les défenses immunitaires de celles qui à l’opposé les réduisent au silence. Le projet combine des études sur des cellules de souris, en culture et in vivo, et des expériences sur des cellules humaines en culture et sur des échantillons issus de patients. Grâce au double financement de ce PIC3i (2 x 150 000 euros), le travail va être réparti entre l’Institut Curie et le National Cancer Institute, aux États-Unis, qui apporteront chacun leur expertise spécifique, avec des modèles expérimentaux et des cohortes de patients complémentaires.

Les PIC3I

Ce projet fait partie des programmes incitatifs et collaboratifs 3i (PIC3i) entièrement financés par la générosité du public : ils visent à encourager l’émergence de programmes innovants, en se basant sur un « mix » original entre spécialistes de tous horizons. Biologistes cellulaires, biophysiciens, chimistes, biochimistes, généticiens, physiciens théoriques, bio-informaticiens et médecins.