Cancer du poumon : profiler les patients pour adapter les traitements

Valérie Devillaine
17/10/2018
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Une étude du Dr Emanuela Romano de l’Institut Curie permet de déterminer quels patients ont le plus de chances de tirer bénéfice d’une immunothérapie contre le cancer du poumon "non à petites cellules".
Manuela Romano

Le cancer du poumon dit « non à petites cellules » est de loin le plus fréquent des cancers du poumon (85 à 90 %). Depuis peu, les patients atteints de tumeurs avancées et métastatiques peuvent recevoir de nouveaux traitements : des immunothérapies qui stimulent leurs propres défenses à lutter contre la maladie. Seulement, tous ne « répondent » pas à ces médicaments et certains ne manifestent au contraire que des effets indésirables.

Dans son Centre d’immunothérapie, qui réunit dans un même lieu cliniciens, médecins-chercheurs et biologistes travaillant sur cette thématique, l’Institut Curie a mené une étude visant à distinguer quels patients ont avantage, ou non, à recevoir ces immunothérapies. Pour cette étude rétrospective, médecins et chercheurs ont repris les dossiers de 34 patients atteints de tels cancers du poumon et traités par immunothérapie et ont réexaminé leurs échantillons sanguins prélevés avant le traitement. Ils ont comparé les caractéristiques de ceux qui ont bien réagi au traitement et de ceux dont l’état de santé ne s’est pas amélioré durablement. Résultat : plusieurs éléments diffèrent. Les lymphocytes T (une famille de cellules immunitaires) des uns et des autres, en particulier, ne sont pas de même nature. Si ces résultats se confirment, une simple prise de sang pourrait permettre de prédire, avant le traitement, les patients qui gagneraient à recevoir une immunothérapie et ceux qui se porteront mieux sans, et donc de ne prescrire ces traitements lourds que dans les cas bénéfiques. Emanuela Romano, directrice médicale du Centre d’immunothérapie, partagera cette potentielle nouvelle stratégie de prise en charge le 20 octobre lors du Congrès de l’ESMO, European Society for Medical Oncology, à Munich. Prochaines étapes : élargir l’étude à un plus grand nombre de patients et affiner la combinaison de biomarqueurs (cellules T notamment) qui signe leur réponse à ces immunothérapies.

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