La prise en charge des symptômes persistants

Nathalie Oudar
30/03/2017
Partager
Lorsque les traitements sont terminés et que le cancer n’est plus là, il se peut que des symptômes persistent sans pour autant préjuger d’une récidive. En complément du plan de suivi médical personnalisé, des consultations et accompagnements peuvent être sollicités en cas de survenue ou persistance de symptômes. Revue des plus fréquents.
Consultation matet

Le médecin en charge de votre suivi (médecin spécialiste en ville, médecin généraliste) est votre contact prioritaire pour prendre en charge les symptômes due à votre histoire médicale de cancer. Dans certains cas, et avec la recommandation de votre médecin traitant, l’Institut Curie peut proposer une prise en charge spécifique. L’Espace de Rencontres et d’Information (ERI) et la Maison des Patients et des Proches sont des lieux d’information et d’écoute qui peuvent prendre en compte vos difficultés et vous orienter vers les professionnels de l’Institut si besoin.

Symptômes persistants : douleurs et fatigue

Certains traitements du cancer peuvent provoquer des douleurs persistantes

  • Les chimiothérapies anticancéreuses peuvent altérer les muqueuses buccales et des nerfs. Après, ces cellules se régénèrent plus ou moins : les muqueuses s’apaisent et les douleurs disparaissent, mais les cellules nerveuses peuvent se régénérer imparfaitement, causant des douleurs neuropathiques.
  • La chirurgie peut provoquer des douleurs au-delà de la phase post-opératoire "normale" due au traumatisme cutané lorsque la cicatrisation s’effectue mal.

Il ne faut pas négliger les souffrances psychiques dues à la fatigue et aux douleurs physiques qui peuvent engendrer un stress, des troubles du sommeil. La peur, l’anxiété, les angoisses et la tristesse peuvent mener à la dépression. Elles nécessitent un accompagnement car la dépression et l’anxiété majorent par ailleurs la perception des douleurs.

Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin référent afin d’être orienté selon votre parcours de soins. A l’Institut Curie, une consultation médicale peut être sollicitée au département de soins de support. Chaque cas est différent et appelle à des solutions et réponses adaptées. Parmi celles-ci : consultation médicale « douleur », consultation de psycho-oncologie, séance d’hypnose, auriculothérapie…

Symptômes persistants après une hormonothérapie

Les effets secondaires de l'hormonothérapie dépendent du type d'hormonothérapie, de la dose administrée et de chaque personne. Quelques-uns persistent après la fin du traitement. Il est possible que des effets tardifs se manifestent des mois voire des années après l'hormonothérapie. Il est important de les signaler à l'équipe soignante.

  • Les nausées, vomissements, bouffées de chaleur s'atténuent généralement au fur et à mesure que l’organisme s’habitue au médicament. Des traitements médicamenteux ou complémentaires (auriculothérapie, sophrologie…) peuvent apporter un soulagement
  • La diminution de l’intérêt envers le sexe, les troubles de l’érection ou de la fertilité éventuellement causés par les médicaments hormonaux peuvent durer même après leur arrêt. Si celle-ci vous préoccupe, vous pouvez solliciter une consultation.
  • Les symptômes de la ménopause provoqués par l’hormonothérapie peuvent être soulagés comme ceux dus à une ménopause naturelle.

Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin référent afin d’être orienté selon votre parcours de soins. A l’Institut Curie, une consultation médicale peut être sollicitée au département de soins de support. Chaque cas est différent et appelle à des solutions et réponses adaptées. Parmi celles-ci : consultation médicale, consultation de psycho-oncologie, séance d’hypnose, auriculothérapie…

Symptômes persistants: après une chirurgie des ganglions

Le lymphœdème résulte de l’accumulation anormale de fluides dans les tissus sous-cutanés. Il peut survenir lorsque le système lymphatique a été endommagé par un acte chirurgical comme l’ablation des ganglions. Le lymphœdème peut apparaître des mois, voire des années, après l’opération.

Différentes actions et traitements sont possibles : soigner sa peau, drainage lymphatique manuel et auto-drainage, pressothérapie, techniques de bandages et d’autobandages, exercices de sous bandage, orthèse de compression ou manchon)

Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin référent afin d’être orienté selon votre parcours de soins. A l’Institut Curie, une consultation dédiée peut être sollicitée au département de soins de support. Chaque cas est différent et appelle à des solutions et réponses adaptées. Parmi celles-ci : un médecin et un masseur-kinésithérapeute de l’Institut Curie peuvent vous accueillir ensemble pour un bilan diagnostique. Ceci permet de confirmer ou non le lymphœdème et de proposer des actions pour y remédier.

Symptômes persistants : prise ou perte de poids

Les traitements comme certaines chimiothérapies, hormonothérapie, l’état psychique, le changement d’habitudes alimentaires et d’activités physiques peuvent mener, le plus souvent à une prise de poids. Dans d’autres cas, une perte de poids peut également survenir, elle aussi due à des changements de mode de vie et-ou les suites de la maladie et des traitements.

A la fin de vos traitements et de votre entrée en surveillance, les soignants ont pu vous remettre des fiches de conseils selon votre parcours de soins. En concertation avec votre médecin en charge de votre suivi en ville ou à l’Institut Curie, une consultation diététique peut être sollicitée auprès du département de soins de support. Un programme alimentaire personnalisé, compatible avec votre état de santé.

En savoir plus
Pour aller plus loin