Témoignage : « Si je pouvais permettre de sauver des vies, je serais déjà la plus heureuse des femmes »

Anne Coppola
25/06/2019
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Témoignage de Laurence, 43 ans, patiente à l'Institut Curie, qui a participé à des essais précoces pour traiter sa récidive suite à un cancer du sein en 2015.
Patiente essais précoces

En 2015, Laurence, 43 ans, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein triple négatif. Après l’ablation d’un sein, elle passe par une chimiothérapie et une radiothérapie. Deux ans plus tard, le cancer récidive dans les ganglions lymphatiques. Elle parle alors des essais précoces à son oncologue qui l’envoie à l’Institut Curie. Elle accepte immédiatement de participer à ces essais, pleine d’espoir et d’optimisme. 

Comment êtes-vous entrée dans un essai précoce ?

En 2018, les médecins ont découvert une récidive dans les ganglions lymphatiques et j’ai donc commencé une deuxième chimiothérapie. A ce moment-là, j’ai demandé un 2e avis médical. J’ai été adressée à Curie et on m’a proposé d’entrer dans un essai clinique pour tester une immunothérapie. J’avais aussi parlé des essais cliniques à mon oncologue car je suis assez proactive par rapport à cette maladie, je lis beaucoup de choses. On m’a expliqué le principe, le protocole et les éventuels effets secondaires que cela engendre. Je me suis dit que si je pouvais permettre de sauver des vies, je serais déjà la plus heureuse des femmes.

Et aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Depuis août 2018, je suis toujours en rémission. On est très surveillé dans ce type d’essai. Les promoteurs demandent à ce qu’un certain nombre d’examens soient réalisés. Je dois passer un scanner toutes les 6 semaines et un TEP toutes les 12 semaines. C’est très anxiogène car on a toujours peur de découvrir une lésion qui sous entendrait que le traitement ne fonctionnerait plus.

Comment se déroule votre quotidien ?

J’essaie de faire en sorte que la vie ne tourne pas autour de ça. J’ai fait le choix de garder une activité professionnelle mais cela demande beaucoup d’organisation pour les rendez-vous, les examens… et mon employeur a parfois tendance à oublier que je suis malade, ce n’est pas toujours évident !

Souffrez-vous d’effets secondaires ?

Tout traitement a des effets secondaires plus ou moins lourds. Pour l’immunothérapie, on vous prévient et dans mon cas, j’avais lu une liste de deux pages d’effets secondaires. Au début ça fait peur mais on ne les développe pas tous. Ce qu’il faut comprendre c’est que l’immunothérapie est un « booster » d’immunité, c’est-à-dire que le système immunitaire étant suractivé, il peut s’attaquer à nos organes sains. C’est pour cela que j’ai développé une pathologie auto-immune, une hyperthyroïdie, mais grâce aux traitements, tout est sous contrôle. J’ai aussi fait une embolie pulmonaire avec deux caillots dans les poumons, c’est assez courant, mais l’équipe a été hyper réactive et tout va bien depuis.

Etes-vous bien accompagnée, ici dans l’unité d’investigation précoce de l’Institut Curie ?

Ce n’est pas anxiogène de venir ici car l’équipe soignante est formidable, aux petits soins, c’est un endroit agréable, j’amène mon ordinateur, je travaille, c’est un moment de détente, et j’ai toujours plein de petites attentions. C’est un petit cocon où l’on se sent bien. Les effets secondaires sont bien pris en charge. Les boxes sont spacieux, c’est confortable.

Je trouve que c’est une chance d’avoir un département spécialisé pour la recherche clinique. L’équipe soignante est très à l’écoute et très empathique, ils prennent le temps de répondre à toutes les questions et cela tombe bien, j’en pose toujours beaucoup !

 

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