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Témoignage de Dina, soignée à l'Institut Curie pour un cancer du sein

Dina , diagnostiquée d'un cancer du sein à 37 ans
« Je suis chercheuse en génétique et originaire des États-Unis. Je suis arrivée en France en 2017 pour travailler à l’Institut Curie.
En 2023, j’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein hormonodépendant HER2 négatif de stade 2. J’ai senti une masse au niveau du sein droit en faisant du yoga. J’ai pris rendez-vous chez ma gynécologue qui m’a prescrit une mammographie sans hésiter. Je sais que j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il y a des médecins qui peuvent dire aux jeunes femmes 'vous êtes trop jeune'.
Selon l’imagerie, il y avait plus de 95 % de chances que ce soit un cancer. C’était le 31 octobre. Pour nous, aux États-Unis, c’est Halloween, et je ne connais rien de plus effrayant : je savais que j’avais un cancer, mais j’ai dû attendre deux semaines pour avoir les résultats de la biopsie.
Quand j’ai appris que mon cancer était hormonodépendant, j’ai été soulagée que ce ne soit pas un cancer du sein triple négatif, qui est beaucoup plus agressif. Ensuite, j’ai rapidement pris rendez-vous à l’Institut Curie.
Le 16 novembre, j’ai franchi la porte de l’hôpital. Comme j’avais travaillé au Centre de recherche de l’Institut Curie, j’étais déjà venue à l’hôpital … Mais cette fois, c’était moi la malade. Je pense que je ne m’en étais pas encore rendu compte.
J’ai eu une chirurgie, une préservation des ovocytes, une chimiothérapie et je suis aujourd’hui sous hormonothérapie. Le jour de ma première chimiothérapie, je me suis mise à pleurer : je n’avais pas envie de commencer, c’était très angoissant. Mais l’équipe était super, très bienveillante. On nous explique tout, il n’y a aucune pression. Même si je suis arrivée en larmes, je suis repartie avec un sourire.
Aujourd’hui, ça va, mais les effets secondaires de l’hormonothérapie sont difficiles et souvent invisibles. Il faut toujours se rappeler que l’on ne connaît jamais le vécu de quelqu’un d’autre et rester bienveillant dans tous les cas.
Octobre Rose, ça peut être un mois compliqué pour les femmes qui ont traversé la maladie. Mais ça donne beaucoup d’espoir parce qu’on sensibilise le grand public et qu’on cherche des financements pour la recherche. En tant que chercheuse, je sais combien la recherche peut changer la donne. En tant que patiente, j’ai parfois l’impression que c’est trop lent. Mais si on donne les moyens aux chercheurs, on peut avancer beaucoup plus vite. Et au final, c’est ça qui va sauver des vies. »