- Accueil >
- Patients et soins >
- Témoignages de patients >
- Témoignage d'Imène, soignée pour un cancer du sein
Témoignage d'Imène, soignée pour un cancer du sein

Imène
"À 40 ans, j’ai cru que ma vie s’arrêtait… mais la vie avait décidé de m’offrir un autre combat.
Un soir d’octobre 2025, par une simple palpation, j’ai senti une masse au niveau de mon sein. Quelques jours plus tard, chez mon médecin traitant, son regard a suffi à me faire comprendre que la situation était sérieuse. Les examens se sont enchaînés très rapidement : mammographie, échographie, biopsie. Puis cette phrase que je n’oublierai jamais : 'Madame, vous avez un cancer du sein.' À cet instant, le temps s’est arrêté. Quand on entend le mot cancer, on n’entend plus rien d’autre. Je pensais seulement à la mort. Pourtant, ma plus grande peur n’était pas de mourir. Ma plus grande peur, c’était ma fille. Mon unique enfant, âgée de 7 ans et demi. Je me demandais chaque jour : Qui va la voir grandir ? Qui sera là pour la protéger, la consoler, l’accompagner dans les moments importants de sa vie si je ne suis plus là ?
Fin décembre, j’ai subi une mastectomie partielle ainsi qu’un curage axillaire. Pendant que les familles célébraient Noël et le Nouvel An, que les rues étaient illuminées et que tout le monde se retrouvait autour d’une table, moi, je me battais simplement pour rester en vie.
Puis, alors que les équipes de l’Institut Curie préparaient ma chimiothérapie, un nouveau choc est arrivé. J’ai découvert que j’étais enceinte. Cette grossesse était un miracle. Après des années d’attente et de nombreuses tentatives pour agrandir notre famille, elle arrivait au moment où je l’attendais le moins. J’ai eu peur. Je me suis retrouvée face au choix le plus difficile de ma vie : poursuivre cette grossesse ou y renoncer pour me soigner. Entre ma foi, mon immense désir de donner la vie et la peur de ne pas voir grandir mes enfants, j’étais perdue. Après beaucoup de réflexion et d’échanges avec les médecins, j’ai décidé de garder mon bébé. À partir de ce moment-là, le plus grand combat de ma vie a commencé.
Le cancer voulait m’enlever la vie, tandis qu’au même moment, une nouvelle vie grandissait en moi. J’ai commencé la chimiothérapie enceinte. Je croyais connaître les nausées, mais celles de la chimiothérapie n’ont rien à voir. Elles sont d’une violence que je n’aurais jamais imaginée. La fatigue était écrasante. Mon corps ne m’appartenait plus.
Puis il y a eu la perte de mes cheveux et pour moi, c’était une douleur immense. J’avais l’impression de perdre une partie de mon identité, de ma féminité. Je ne voulais plus me regarder dans un miroir. Les semaines se sont ensuite enchaînées entre les chimiothérapies, les prises de sang, les examens, les échographies, les rendez-vous médicaux et l’attente des résultats. Ma vie était devenue un combat permanent.
Aujourd’hui, je suis toujours en traitement. Je poursuis encore la chimiothérapie. Ensuite viendront la radiothérapie puis cinq années d’hormonothérapie. Le chemin est encore long, mais je continue d’avancer avec l’espoir de guérir.
Si j’ai trouvé la force de continuer, c’est aussi grâce aux personnes qui ont marché à mes côtés. Je veux remercier du fond du cœur mon mari, qui ne m’a jamais quittée, et ma maman qui a quitté son pays pour venir être auprès de moi pendant cette épreuve.
Je tiens aussi à remercier toutes les équipes de l’Institut Curie et de la maternité de Port-Royal. Dès le premier jour, j’ai été entourée par des professionnels extraordinaires, d’une immense compétence, mais surtout d’une profonde humanité. Grâce à eux, j’ai pu recevoir les meilleurs soins tout en vivant ma grossesse dans les meilleures conditions possibles.
Si aujourd’hui j’ai décidé de raconter mon histoire, ce n’est pas pour que l’on me plaigne. C’est pour dire à toutes les femmes de s’écouter. Si vous sentez quelque chose d’anormal, n’attendez pas. Consultez. Faites les examens recommandés. Une simple palpation, faite presque par hasard m’a poussée à consulter et a probablement sauvé ma vie. Et à toutes celles qui traversent aujourd’hui cette maladie, je voudrais dire une chose. Vous allez connaître la peur, les larmes, la fatigue et parfois le découragement. Mais ne laissez jamais le cancer vous voler votre espoir.
Mon combat continue. Je ne sais pas ce que demain me réserve, mais je sais une chose : je me battrai jusqu’au bout. Parce que la vie, malgré toutes les épreuves, reste le plus beau des combats."