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Cancer du poumon : une étude en vie réelle confirme le bénéfice de l’immunothérapie préopératoire

26/03/2026

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Cancer du poumon
La combinaison de l’immunothérapie et de la chimiothérapie s’est imposée comme le traitement néoadjuvant standard (avant la chirurgie) dans les cancers du poumon non à petites cellules. Cette stratégie a été renforcée par les résultats finaux révélés en 2025 de l’essai international de phase 3 CheckMate-816, coordonné par le Pr Nicolas Girard, pneumologue, chef du département d’Oncologie médicale à l’Institut Curie. Une étude multicentrique nationale en données de vie réelle, pilotée par l’Institut Curie, confirme aujourd’hui l’efficacité de cette stratégie en pratique clinique courante. Ces résultats sont présentés à la Conférence européenne sur le cancer du poumon (ELCC), organisée du 25 au 28 mars 2026.

En France, avec 52 777 nouveaux cas en 2023[1], le cancer du poumon est le 3e cancer le plus fréquent. De nombreux patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (la forme la plus courante) non métastatique sont guéris par la chirurgie. Cependant, ces cancers sont très agressifs et le risque de rechute demeure très élevé (entre 30% à 55 % des patients opérés développent une récidive).

Coordonnée par des équipes de l’Institut Curie, l’étude internationale de phase 3 CheckMate-816 menée chez 358 patients atteints de cancer du poumon non métastatique avait révélé en 2025[2] les bénéfices cliniques très nets d’un traitement combinant une immunothérapie (nivolumab) à la chimiothérapie avant la chirurgie. A 5 ans, 65 % des patients traités par l’association d’immunothérapie et chimiothérapie avant la chirurgie étaient en vie, contre 55 % pour la chimiothérapie seule.

Afin d’évaluer l’efficacité et la tolérance de cette approche en pratique courante, les équipes de l’Institut Curie ont coordonné une étude en vie réelle, en collaboration avec Bristol Myers Squibb. Les résultats[3] sont présentés par le Dr Francesca Lucibello, oncologue thoracique à l’Institut Curie, à la Conférence européenne sur le cancer du poumon (European lung cancer congress – ELCC), qui se tient du 25 au 28 mars 2026 à Copenhague (Danemark).

L’immunothérapie préopératoire validée en vie réelle

Coordonnée par le Pr Nicolas Girard, pneumologue, chef du département d’Oncologie médicale à l’Institut Curie, cette étude multicentrique a analysé les données de vie réelle de 622 patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules résécable, traités par nivolumab en association à une chimiothérapie avant la chirurgie, entre 2022 et 2024, dans 56 centres français.

Reflétant le quotidien des patients, les données de vie réelle intègrent la diversité des parcours de soins et l’impact des traitements dans des conditions réelles. En fournissant des « preuves concrètes », les études de vie réelle complètent ainsi les essais cliniques.

Dans cette étude, ces données, collectées dans un cadre sécurisé et réglementé, mettent en évidence une amélioration significative de la survie sans événement et du taux de réponse pathologique complète[4] (RCP), deux critères clés d’efficacité. Dans 31,2 % des cas, on observe la disparition des cellules cancéreuses sous l’effet de l’immunothérapie administrée avec la chimiothérapie avant la chirurgie : ces patients sont guéris, ils ne rechutent pas. La survie sans événement à 12 mois s’élève à 79,3 % pour l’ensemble des patients, et à 93,9 % chez ceux ayant obtenu une RCP.

Au-delà de l’efficacité, l’étude met en évidence la faisabilité de cette prise en charge à grande échelle, avec des taux élevés de chirurgie et un profil de tolérance compatible avec une utilisation en routine.

CheckMate-816 a représenté une avancée majeure dans le traitement du cancer du poumon opérable, en démontrant pour la première fois qu’une chimio-immunothérapie néoadjuvante améliore significativement la survie globale. Les résultats de cette nouvelle étude, obtenus sur une population large et hétérogène, confirment, en conditions de prise en charge courante, la robustesse et les bénéfices de cette approche. Il s’agit d’un véritable espoir pour les patients.

Pr Nicolas Girard pneumologue, chef du département d’Oncologie médicale à l’Institut Curie

[1] Source : Institut national du cancer / Les cancers du poumon

[2] Lire l’actualité dédiée

[3] Tumor and node pathological response after neoadjuvant nivolumab plus chemotherapy in a cohort of 622 patients with resectable NSCLC: Results from a French multicenter study. Poster session, 26 mars. Dr Francesca Lucibello.

[4] Absence de tout signe de cancer dans les échantillons de tissus prélevés lors d’une chirurgie ou d’une biopsie après un traitement par radiothérapie ou chimiothérapie.

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