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- Cancers féminins : l’expertise pionnière de l’Institut Curie sur les biomarqueurs circulants et les études en vie réelle
Cancers du sein inflammatoires, cancers gynécologiques liés au HPV : zoom sur certaines des avancées présentées par l’Institut Curie au congrès de l’ESMO 2026 dans les cancers féminins.
Données de vie réelle, levier majeur pour améliorer la prise en charge de cancers du sein très rares
Les cancers du sein inflammatoires constituent un sous-type extrêmement rare (moins de 4 % des cancers du sein), très agressifs et pour lesquels les solutions thérapeutiques demeurent très insuffisantes. A partir des données issues de la base nationale française ESME (Épidémio-Stratégie Médico-Economique), les équipes de l’Institut Curie ont mené une étude en vie réelle sur 313 patientes traitées pour un cancer du sein inflammatoire d’emblée métastatique entre 2008 et 2022.
« Les données de vie réelle - cliniques, administratives, pharmaceutiques… - reflètent le quotidien des patientes et complètent ainsi les essais cliniques traditionnels. A l’Institut Curie, nous sommes engagés à exploiter le potentiel immense de ces données de vraie vie pour affiner les stratégies thérapeutiques, étendre l’utilisation de traitements efficaces à des indications plus complexes et ouvrir la voie à une prise en charge quasi- sur-mesure », déclare la Dre Diana Bello Roufai, cheffe adjointe du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie.
Les résultats de l’étude en vie réelle montrent que le cancer du sein inflammatoire d’emblée métastatique hormonodépendant est associé à une survie significativement plus courte que celle observée dans les formes non-inflammatoire de la maladie. Ces travaux remettent en question le paradigme de la chimiothérapie de première ligne, montrent une efficacité réduite des thérapies ciblées (inhibiteurs de CDK4/6) et soulignent la nécessité d’études prospectives consacrées au cancer du sein inflammatoire métastatique hormonodépendant.
En savoir plus sur le cancer du sein
Cancers liés au HPV : détecter l’ADN tumoral circulant du papillomavirus pour traquer les récidives
Suivre en temps réel l’évolution d’un cancer grâce à des biopsies liquides peu invasives et facilement reproductibles est un pan de recherche immense et extrêmement prometteur en cancérologie. « Basée sur l’analyse de biomarqueurs tels que l’ADN tumoral circulant, ces stratégies de médecine adaptative initiées à l’Institut Curie il y a plus de 20 ans ont prouvé leur intérêt clinique dans les cancers du sein mais n’avait encore jamais été explorées dans les cancers liés au HPV, déclare le Pr François-Clément Bidard, oncologue médical à l’Institut Curie, directeur du Centre d'Investigation Clinique de l'Institut Curie (Inserm CIC-2501). Aujourd’hui, l’étude CirCa-HPV révèle que la détection d’ADNtc pourrait devenir un outil cliniquement pertinent pour le suivi des cancers du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve… induits par le HPV. »
La plupart des cancers du col de l'utérus, de la vulve, de l'anus, du pénis sont dus au papillomavirus humains (HPV) et contiennent des séquences d'ADN du HPV dans le génome des cellules tumorales. Portée par l’Institut Curie, l’étude CirCa-HPV vise à démontrer l’intérêt clinique de détecter l’ADN tumoral circulant (ADNtc) du HPV dans le plasma afin de détecter précocement les récidives chez 157 patients ayant déjà été traités pour un cancer pelvien induit par le HPV. Les résultats révèlent que la présence d’ADNtc du HPV est un marqueur extrêmement spécifique de la détection des récidives (99,2 %) mais que sa sensibilité demeure limitée (55,6 %), du fait, par exemple, d’une trop faible quantité d’ADNtc. De plus, l’étude a permis de mettre en évidence 4 récidives locorégionales sur 6 (66,7 %), sans différence selon la localisation de la tumeur primaire. L’ensemble des données souligne donc l’intérêt clinique potentiel de la détection de l’ADNtc du HPV en complément de l’imagerie conventionnelle durant le suivi des patients.
A noter par ailleurs que des travaux menés à l’Institut Curie et présentés à Madrid ont utilisé une technique strictement identique afin d’évaluer l’intérêt pronostique de la détection de l’ADNtc chez des patients atteints d’un cancer anal.
Real-world outcomes according to first-line treatment strategy in de novo metastatic ER+/HER2− inflammatory breast cancer in the CDK4/6 inhibitor era – Dr Diana Bello-Roufai – Poster session HR+ breast cancer
ctDNA for early detection of HPV-induced pelvic cancer relapse : a multicentric prospective study – Pr François-Clément Bidard – Poster session Gynecological cancers
Clinical utility of HPV circulating tumor DNA in anal cancer: real-world data from a French high-volume center–Dr Matthieu Delaye, e-poster

