Cancer du sein et douleur

Cancer et douleur : le choix des médicaments

Emmanuelle Manck
04/06/2019
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Le traitement de la douleur cancéreuse repose en premier lieu sur la modulation de la chimiothérapie à l’origine des douleurs, mais aussi sur l’utilisation de médicaments antalgiques adaptés.

Les principes du traitement médicamenteux de la douleur

Les antalgiques sont choisis en fonction de l’intensité de la douleur (faible à très forte), de son type (nociceptive, neuropathique ou mixte) et de son mode de survenue : une douleur aiguë nécessite un médicament à action rapide, tandis qu’une douleur de fond est traitée avec des antalgiques à action prolongée.

Les médicaments antalgiques pour les douleurs nociceptives

Indiqués dans les douleurs dues à la lésion d’un tissu ou d’un organe (muscle, os…), ils sont classés en fonction de leur puissance en 3 paliers selon l’OMS.

  • Les antalgiques de pallier I pour les douleurs faibles à modérées. Il s’agit principalement du paracétamol. Son effet antalgique apparaît entre 1/2h et 1h après la prise et dure environ 4h.
  • Les antalgiques centraux faibles de palier II pour les douleurs modérées à fortes. Ils comprennent la codéine et le tramadol, chacun étant habituellement associé au paracétamol dans un même médicament. Le tramadol existe sous une forme « prolongée » ce qui permet une durée d’action de 12h à 24h.
  • Les antalgiques centraux de palier III pour les douleurs fortes à très intenses. Ce sont les médicaments à base de morphine. Ils sont utilisés lorsque les antalgiques de palier I et II n’ont pas apporté de soulagement suffisant, ou d’emblée lorsque les douleurs sont très fortes.  Leurs durée d’action varie entre 4h et 12h. Les doses peuvent être diminuées ou augmentées selon le confort du patient.
  • Les antiépileptiques et les antidépresseurs, pour les douleurs neuropathiques. Ils sont habituellement indiqués respectivement contre l’épilepsie et la dépression. Ils sont également efficaces dans les douleurs neuropathiques. En application locale sur la peau, la capsaïcine, extraite du piment rouge, et la lidocaïne, un anesthésique local, peuvent également soulager les douleurs neuropathiques.

En fonction du soulagement apporté, de l’évolution de la douleur et de la tolérance du patient, les médicaments et les modes d’administration peuvent changer au cours de la maladie.