Manipulation

De nombreux défis à relever

Catherine Brun
18/11/2019
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« Avec l’ immunothérapie, 25 % des patients atteints de cancers avancés de la peau bénéficient d’une réponse prolongée, contre 11 % avec la chimiothérapie ou les thérapies ciblées. Et cette approche est potentiellement valide pour tous les types de cancer ! s’enthousiasme Philippe Pierre, même si bien des obstacles restent cependant à franchir. »

À l’heure actuelle, en effet, seule une minorité de patients, 30 % en moyenne, répond à l’immunothérapie. La priorité est d’augmenter ce taux de réponse. Ensuite, davantage de cancers doivent pouvoir être traités. Car peu d’indications sont autorisées pour un traitement par immunothérapie en France : cancer du poumon, cancer du rein, mélanome, cancer de la gorge. Par ailleurs, en activant le système immunitaire, l’immunothérapie peut provoquer des effets secondaires importants, notamment des manifestations inflammatoires (pneumonies) ou auto-immunes (diarhée, colite). L’enjeu consiste donc à activer le système immunitaire sans le suractiver, à le diriger contre la tumeur et non contre le reste du corps. Dans de rares cas, enfin, l’immunothérapie peut induire une augmentation soudaine de la masse tumorale, appelée hyperprogression, que l’on n’explique pas encore. « Nous sommes donc loin d’avoir trouvé la panacée pour soigner le cancer, résume Daniel Olive, médecin-chercheur au Centre de recherche en cancérologie de Marseille. De nombreux défis nous attendent pour pouvoir exploiter les immenses potentialités de l’ immunothérapie. D’où, aujourd’hui, le bouillonnement intense qu’elle suscite. »

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CHERCHEURS, MÉDECINS ET SOIGNANTS TRAVAILLENT AU CENTRE D’IMMUNOTHÉRAPIE DES CANCERS DE L’INSTITUT CURIE.