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Du concept à la révolution

Catherine Brun
18/11/2019
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Aussi séduisant qu’il paraisse, le concept de l'immunothérapie n’était pas parvenu, jusqu’en 2010, à franchir l’étape décisive de la validation clinique.

Avec l’immunothérapie, 25 % des patients bénéficient d’une réponse prolongée, contre 11 % avec la chimiothérapie ou les thérapies ciblées.

Philippe Pierre, directeur du Centre d’immunologie de Marseille-Luminy.

En administrant des anticorps dirigés contre un mécanisme de blocage des défenses immunitaires, une équipe américaine était parvenue à mettre en rémission prolongée des patients atteints de mélanome métastatique ; des patients condamnés à court terme par ce cancer de la peau résistant à toute chimiothérapie. Depuis, certains sont d’ailleurs toujours en rémission complète. « Ces résultats spectaculaires ont été à l’origine d’un changement de paradigme, retrace Philippe Pierre, directeur du Centre d’immunologie de Marseille-Luminy. Après des années d’échecs, la preuve de concept tant attendue était enfin arrivée : activer le système immunitaire défaillant du patient pouvait l’aider à contrôler son cancer. » Il n’en fallait pas plus pour que la communauté scientifique et les industriels s’engouffrent dans cette voie. Avec la promesse d’une deuxième révolution dans le combat contre le cancer, après celle des thérapies ciblées.