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Immunothérapie : focus sur les projets de recherche en cours

Emilie Gillet
03/08/2020
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Focus sur l'innovation thérapeutique et les projets de recherche en cours autour de l'immunothérapie

Les cellules CAR-T, une stratégie "haute couture"

Parmi les innovations thérapeutiques dans le domaine de l’immunothérapie, les cellules CAR-T suscitent beaucoup d’espoir. Elles étaient d’ailleurs les grandes stars de l’Asco 2019, le congrès mondial annuel de cancérologie. Cette approche se situe à la lisière de la thérapie cellulaire et de la thérapie génique. Concrètement, il s’agit de prélever un type particulier de cellules immunitaires chez un malade, précisément les lymphocytes T, puis de les modifier génétiquement au laboratoire pour qu’ils soient capables de reconnaître et détruire spécifiquement les cellules cancéreuses, et enfin de les réadministrer au patient lui-même.

Actuellement, cette stratégie est utilisée pour combattre certains cancers du  sang, comme des leucémies de l’enfant et du jeune adulte ou des lymphomes de l’adulte, avec parfois des résultats très spectaculaires. Il n’en reste pas moins que c’est une thérapie quasiment haute couture, puisque fabriquée à façon pour chaque patient.

Deux traitements de ce type sont déjà disponibles aux États-Unis et en Europe. Mais leur coût, avoisinant les 350 000 euros par injection, et les potentiels effets secondaires graves, a incité la Haute Autorité de santé à surveiller de très près leur intérêt thérapeutique. Cela n’empêche pas les chercheurs de travailler dès maintenant à leur développement pour d’autres types de cancers, notamment les tumeurs dites solides (par opposition aux cancers du sang).

Un nouvel anti-checkpoints prometteur

Il existe actuellement trois grandes familles d’anticorps de type anticheckpoints, c’est-à-dire qui lèvent les mécanismes de blocage de l’immunité anticancer : les médicaments dits anti- PD-1, anti-PD-L1 et anti-CTLA-4. Mais d’autres voies d’approches sont à l’essai. Parmi elles, les anticorps anti-LAG-3, développés sous le nom de relatlimab. Le récepteur LAG-3 est exprimé à la surface de certaines cellules immunitaires de type lymphocytes T. Il facilite la liaison entre cellules cancéreuses et lymphocytes T, ce qui inhibe l’action anticancer de ces derniers. De fait, en bloquant le récepteur LAG-3, le relatlimab est théoriquement censé améliorer l’action du système immunitaire contre la tumeur. Depuis 2018, il fait l’objet d’une trentaine d’essais cliniques de phase II ou III dans le monde, seul ou bien en association avec d’autres médicaments anti-checkpoints. Il est ainsi testé pour améliorer notamment le traitement du mélanome, de cancers du rein, du poumon, de l’estomac, du côlon, du foie et de la sphère ORL mais aussi de glioblastomes et de cancers du sang. Comme tous les autres anti-checkpoints, le relatlimab est administré par voie intraveineuse.