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Immunothérapie : la révolution attendue contre le cancer

Céline Giustranti
23/03/2017
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Traiter le cancer en utilisant notre propre système de défense, le système immunitaire : ce concept, c’est l’immunothérapie. Evoquée de longue date, l'immunothérapie est en passe de bouleverser la prise en charge des cancers. Chercheurs et médecins explorent les nombreuses pistes possibles pour faire en sorte que le système immunitaire s’attaque de façon efficace aux cellules cancéreuses.

Depuis plusieurs années, le bouillonnement est intense autour de l’immunothérapie contre le cancer. La célèbre revue américaine Science ne s’était d’ailleurs pas trompée en plaçant cette discipline en tête de son palmarès des avancées majeures de 2013. Et si certains sceptiques doutaient encore, presque chaque année depuis, le plus grand congrès annuel de la cancérologie clinique, l’ASCO (Société américaine d’oncologie clinique), confirme ce fait. La communauté scientifique et médicale en convient, l’immunothérapie pourrait constituer une véritable révolution dans les années à venir.

Un état des lieux que confirme l’immunologiste Sebastian Amigorena, directeur du laboratoire Immunologie et cancer  (Inserm/Institut Curie) et directeur du Centre d’Immunothérapie des cancers de l’Institut Curie "Pourquoi ce "pas de géant" dans cette discipline longtemps considérée comme une piste de recherche aux progrès trop lents ? "Grâce à un changement de point de vue, souligne le chercheur. Désormais le cancer n’est plus uniquement vu comme une maladie des gènes, mais aussi comme une maladie de l’organisme, de l’environnement de la tumeur et du système immunitaire." En effet, les cellules tumorales prolifèrent au sein l’organisme en toute impunité. Elles échappent au système immunitaire. C’est en comprenant comment elles y parviennent que les chercheurs peuvent aujourd’hui proposer de nouvelles solutions pour les contrecarrer.

"Très schématiquement, l’immunothérapie se résume à deux pistes, explique Vassili Soumelis, médecin et immunologiste de l’Institut Curie. Si le système immunitaire ne reconnaît pas la tumeur comme étrangère à l’organisme, il va falloir induire une réponse en l’éduquant, c’est-à-dire en lui apprenant à la reconnaître comme dangereuse. Si la réponse est là, mais pas assez forte, il s’agira alors de la stimuler, pour lui donner une dimension qui soit à la hauteur de son adversaire !"