Recherche fondamentale

La recherche fondamentale, essentielle dans le combat contre le cancer

Catherine Brun
22/02/2019
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En perçant la complexité des processus biologiques impliqués dans le développement du cancer, la recherche fondamentale demeure plus que jamais un préalable aux traitements innovants de demain. Cette quête de connaissances est menée, sans relâche, par des chercheurs passionnés et engagés dans des projets pluridisciplinaires ambitieux.

La recherche fondamentale est un enjeu majeur dans la lutte contre le cancer. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Il s’agit d’une démarche de production de connaissances menée dans l’ intérêt général, sans a priori sur ce que l’on va découvrir. En matière de santé, elle vise à comprendre les principes qui régissent le fonctionnement de l’organisme. Elle est particulièrement importante dans le domaine du cancer, car nous sommes face à une maladie complexe, multifactorielle. Pour se doter des meilleures armes, la compréhension des mécanismes physiologiques normaux et des dérégulations qui mènent au développement tumoral est incontournable. 

Bruno Goud, chercheur et directeur du Centre de Recherche de l’Institut Curie.

Un travail de fourmi

Mais le temps des chercheurs n’est pas celui des politiques de santé publique, ni celui des patients pour qui l’attente peut sembler interminable.
« La recherche est le carburant de l’espoir pour les malades dans l’attente de nouveaux traitements », aime à dire Laure Guéroult-Accolas, fondatrice de l’association Patients en réseau et diplômée de l’Université des Patients-Sorbonne Université. La démarche scientifique demande de formuler des hypothèses inédites, elles-mêmes issues des recherches, puis de les tester afin de pouvoir les valider ou les écarter. De ces allers-retours entre théorie et expérience émergent les concepts qui, progressivement, construisent les connaissances. « Ce travail de fourmi est sans fin : lever le voile sur un mécanisme inconnu fournit certes des réponses, mais amène surtout de nouvelles problématiques », témoigne Pierre Léopold, chercheur à l’Institut Curie et spécialiste de la physiologie de la croissance. Non sans humour, Bruno Goud confirme : « Cela fait trente ans que j’étudie une famille de protéines, centrale pour le fonctionnement cellulaire ; j’espère qu’ à la fin de ma carrière j’en saurai un peu plus ! » Les travaux remarquables de l’équipe de Bruno Goud ont déjà permis d’éclairer des mécanismes cruciaux de transport de protéines net de lipides au sein de vésicules dans la cellule, mais aussi d’appréhender leur dérégulation dans certains cancers.

La liberté de suivre des pistes inédites 

Autre condition pour que la recherche fondamentale puisse s’épanouir pleinement : la liberté laissée aux chercheurs.

« Cela ne signifie pas que l’on fasse n’importe quoi » souligne Matthieu Piel, chercheur à l’Institut Curie. Nous avons un cadre de réflexion, au sein duquel il faut se sentir assez libre pour saisir les opportunités, parfois sous la forme d’une nouvelle piste à investiguer assez éloignée de la question de départ. La recherche fondamentale, c’est vouloir aller d’un point A à un point B et faire un détour entre les deux pour arriver à un point C qui se révèle souvent beaucoup plus intéressant que celui que l’on visait ! » Bruno Goud approuve : « C’est cette liberté que nous essayons de laisser aux chercheurs à l’Institut Curie. »