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Le traitement de la douleur à l'Institut Curie

Emmanuelle Manck
04/06/2019
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Depuis une vingtaine d’années, la prise en charge la douleur liées aux maladies et à leurs soins, en particulier en cancérologie, s’est organisée en France. L’Institut Curie s’est investi fortement dans la lutte contre toutes les formes de douleurs pour le bien-être de ses patients.

Lutte contre la douleur : un droit et une priorité

La prise en compte de la douleur lors des maladies s’est imposée durant les dernières décennies. En 1998, le Plan Kouchner de lutte contre la douleur dans les établissements de santé publics et privés a été mis en place. En 2002, la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé a reconnu le soulagement de la douleur comme un droit fondamental de toute personne.  La lutte contre la douleur est devenue une priorité de santé publique en 2004.

Les Plans Cancer successifs ont intégré, dès 2003, la notion d’une meilleure prise en charge de la douleur cancéreuse. Ces plans incluent la formation universitaire des médecins à la douleur, une meilleure structuration de la filière de soins dans le domaine de la douleur, l’encouragement à la mise en place de toutes les méthodes antalgiques, le renforcement des soins de support dans les établissements de santé. Des fonds spécifiques sont attribués à par les pouvoirs publics pour cette organisation.

 

L’engagement précoce de l’Institut Curie

De part ses valeurs fondamentales avec une approche globale du patient et la prise en compte spécifique de son bien-être, l’Institut Curie s’est adapté très rapidement à ces nouvelles exigences. La structure douleur à l’Institut Curie a été parmi les premières structures à être mise en place en France. En effet, la structure a été créé en 1982 par le service d’anesthésie. Le service d’anesthésie est devenu en 2003 le département d’anesthésie réanimation douleur.  Son chef de département a aidé à la création en 2005 du nouveau département de Soins de support. Ces deux départements travaillent en étroite collaboration pour une prise en charge harmonieuse des patients douloureux. En, effet le traitement de la douleur nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. La prise en compte des répercussions psychologiques et environnementales de la douleur relève de la compétence de l’équipe de psycho-oncologie du des soins de support. La mise en place d’une organisation de soins à domicile ou dans les structures d’hospitalisation proche du domicile fait partie des missions du département des soins de support.

 

Une équipe et des thérapies novatrices au service du patient

Médecin douleur, anesthésiste, urgentiste, neurochirurgien, radiologue, infirmière formée aux soins palliatifs, diététicienne, kinésithérapeute, psychologue, assistante sociale, esthéticienne… A l’Institut Curie, de nombreuses compétences travaillent ensemble pour lutter contre toute forme de douleur. Les moyens employés peuvent être non invasifs, comme l’hypnose, la musicothérapie, et la réalité virtuelle à visées antalgiques, en passant par des techniques invasives tels que l’analgésie intrathécale ou la cimentoplastie.

L’hypnose, la musicothérapie et la réalité virtuelle à l’aide de masque sont de nouvelles techniques mises en place ces dernières années à l’Institut Curie pour aider les patients à gérer ses douleurs chroniques mais aussi à prévenir les douleurs lors de soins médicaux. Ces moyens non médicamenteux ont fait la preuve de leur efficacité.

L’analgésie intrathécale consiste à administrer des antalgiques directement dans liquide céphalo-rachidien à proximité de la moelle épinière. Cette technique est réservée aux douleurs réfractaires.

La cimentoplastie consiste à injecter un polymère (ciment liquide) directement au niveau des os. En devenant solide, après son injection, le ciment permet de stabiliser un os fracturé et de soulager ainsi la douleur. Cette technique est également indiquée en prévention d’une fracture osseuse en cas de métastase osseuse menaçante. Elle est assurée par le neurochirurgien qui peut traiter plusieurs vertèbres en une seule séance.

Le département de radiologie constitue la pierre angulaire de la structure douleur. En effet, l’imagerie permet de poser avec certitude l’origine étiologique de la douleur cancéreuse. Ainsi, un traitement adapté peut être prescrit. Par ailleurs, le radiologue interventionnel peut être amener à traiter directement la douleur par l’administration de ciment au niveau des os, ou recourir à la radiofréquence pour traiter une métastase douloureuse (administration de courant électrique au niveau de la métastase).  

Les orthopédistes sont solliciter pour traiter chirurgicale une fracture déjà avérée, ou procéder à une ostéosynthèse préventive pour éviter une fracture future. Cette chirurgie a un rôle également majeur dans le traitement de la douleur.

Les radiothérapeutes sont également sollicités pour traiter la douleur. En effet, certaines métastases restent très douloureuses. Le recours à la radiothérapie en une seule ou plusieurs séances selon les cas permet de soulager la douleur.

Les médecins nucléaires, avec une imagerie très performantes permettent d’avoir un diagnostic certain de la pathologie cancéreuse avec une analyse du corps entier, et d’orienter la recherche vers les cibles les plus douloureuse.

Ainsi, une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) a été mise en place à l’Institut Curie. Elle permet de réunir tous les spécialistes pour proposer le meilleur traitement antalgique au patient.