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Les cancers traités par protonthérapie : les cancers de l’enfant

Céline Giustranti
13/10/2017
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Limitant au maximum l’irradiation des tissus sains et donc les séquelles, la protonthérapie est parfaitement adaptée au traitement des cancers de l’enfant. Le Centre de protonthérapie a été pendant des années le seul centre en France ; il possède la plus longue expérience dans la prise en charge des enfants par protonthérapie.

Radiothérapie de haute précision, la protonthérapie permet de diminuer l’exposition des tissus sains environnant la tumeur, et ainsi de réduire la toxicité des rayons par rapport à la radiothérapie classique. Elle est donc parfaitement adaptée au traitement des enfants. « Elle permet d’irradier avec une grande précision des tumeurs pédiatriques situées en profondeur à proximité d’organes sensibles, comme le nerf optique ou certaines parties du cerveau » précise le Dr Sylvie Helfre, radiothérapeute.

« La protonthérapie diminue le risque de deuxième cancer chez les enfants, précise le Dr Claire Alapetite, radiothérapeute. Nous devons donc, dans la mesure du possible, la proposer à tous les enfants pour lesquels, elle est techniquement envisageable. »

 

Les tumeurs de l’enfant prises en charge au Centre de protonthérapie

Les médulloblastomes sont des tumeurs malignes de la région fosse postérieure de l’encéphale qui surviennent principalement entre 3 et 8 ans. On dénombre environ 60 cas par an. Elle a une croissance rapide, ce qui rend son traitement d’autant plus difficile.

Les gliomes sont des tumeurs du système nerveux central (encéphale et moelle épinière). Ils regroupent différents types de tumeurs selon la nature des cellules d’origine.

Les craniopharyngiomes sont des tumeurs de la région de l’hypophyse. Elles représentent 15 % des tumeurs cérébrales de l’enfant.

Les rhabdomyosarcomes sont les tumeurs mésenchymateuses malignes les plus fréquentes (60% à 70 % d’entre elles). Elles se développent au niveau des cellules musculaires striées et s’observent dans 22% à 26 % des cas au niveau de la tête et du cou. Leur traitement associe chimiothérapie, chirurgie et, selon les cas, une radiothérapie locale.

Les épendymomes représentent 8% à 10 % des tumeurs cérébrales de l’enfant. Ils s’observent surtout chez les jeunes enfants (âge médian au diagnostic : 5 ans). Ils peuvent se développer en tous points du système nerveux central à partir de l’épendyme.

Le neuroblastome est la tumeur solide extra cérébrale la plus fréquente chez les jeunes enfants.

50 % des enfants atteints – aussi bien des filles que des garçons – ont moins de 2 ans. Le neuroblastome se développe au détriment du système nerveux sympathique. Il touche principalement l’abdomen, et plus rarement le thorax, le cou et la partie inférieure du bassin.

 

Une précision millimétrique et des contraintes

La protonthérapie nécessite un positionnement au millimètre près. Cela est possible grâce à l’utilisation d’un tableau robotisé et d’une immobilisation parfaite grâce à un masque de contention. L’installation du patient demande environ une vingtaine de minutes pendant lesquelles il est maintenu par un masque et devra rester totalement immobile, ce qui est difficilement envisageable pour les très jeunes enfants (moins de 4 ans). Le recours à l’anesthésie générale (AG) apparaît alors comme la seule solution face cette contrainte d’immobilité.

« Plus de 490 enfants ont été traités par protonthérapie depuis 2006, dont plus de 140 sous anesthésie générale, soit plus d’1 enfant sur 4 », fait remarquer le Dr Rémi Dendale, responsable du Centre de protonthérapie.