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Médicaments de la douleur : choisir le mode d’administration

Emmanuelle Manck
04/06/2019
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Comprimés à avaler, solution intraveineuse ou gaz à inhaler : à chaque type de douleur correspond une voie permettant une plus grande efficacité d’action et une meilleure tolérance de l’antalgique.

Les médicaments traitant les douleurs cancéreuses peuvent être administrés, selon les cas…

  • Par voie orale (par la bouche) : comprimés, gélules, gouttes… Ils sont souvent utilisés en première intention.

  • Localement : l’application d’anesthésiant sous forme de crème (Emla) ou de patch (Versatis), d’extrait de piment rouge (Capsaïcine). Les morphiniques (Fentanyl) appliqués sur la peau sous forme de patch ne constituent pas un traitement local mais bien un traitement systémique.

  • En injection sous-cutanée (sous la peau) : les médicaments agissent plus vite que par voie orale.

  • En perfusion intraveineuse (dans une veine). Elle permet une administration continue ou à la demande. Ainsi, avec le dispositif de type PCA* (Analgésie contrôlée par le patient), le patient peut s’auto-administrer des doses de morphine selon ses besoins.

  • Par inhalation. Ce mode d’administration est essentiellement utilisé pour réduire les douleurs provoquées par les soins. Le mélange "moitié-moitié" d’oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA, Kalinox) est un gaz inhalé. Il a  un effet antalgique, anxiolytique et amnésiante. Il agit vite, et ses effets se dissipent en quelques minutes après l’arrêt de l’inhalation. Ce gaz apaise le patient et le met, alors qu’il est toujours conscient, dans un état "vaporeux" qui diminue les appréhensions et les douleurs. De plus, le patient ne garde pas de souvenirs aigus de ses soins.

En fonction du soulagement apporté, de l’évolution de la douleur et de la tolérance du patient, les médicaments et les modes d’administration peuvent changer au cours de la maladie cancéreuse.

 

La voie intrathécale pour les douleurs rebelles

Dans certains cas, la douleur cancéreuse résiste aux morphiniques même à doses élevées. Le médecin peut alors prescrire des médicaments tels que le fentanyl, la kétamine ou la méthadone, mais aussi employer des techniques invasives assimilées au "Palier IV". Par voie intrathécale, le médicament est administré directement au niveau du liquide céphalo-rachidien (LCR) à proximité de la moelle épinière : cette méthode récente nécessite un appareillage et des compétences particulières de pose et de prise en charge médicale. Elle permet de diviser la dose de morphine nécessaire par 100 par rapport à la voie intraveineuse et soulage la douleur de manière très efficace.