ADN mitochondrial : une autre cible pour la radiothérapie ?

Valérie Devillaine
26/03/2019
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Au cœur de nos cellules, de petits compartiments appelés mitochondries abritent un ADN encore mal connu mais qui pourrait avoir un rôle à jouer dans l’efficacité des radiothérapies. C’est ce que les chercheurs de l’Institut Curie et du CEA vont explorer.
Arturo Londono

Les rayons ionisants utilisés en radiothérapie s’attaquent à l’ADN des cellules, causant des dysfonctionnements qui conduisent à la mort des cellules visées. Nos cellules contiennent un autre type d’ADN, dans leurs mitochondries : des sous-compartiments des cellules qu’on surnomme les centrales énergétiques des cellules. Cet ADN est lui aussi affecté par la radiothérapie. Son altération pourrait donc contribuer à la destruction des cellules cancéreuses, mais l’ADN des mitochondries peut également être réparé par une protéine spécifique appelée OGG1. Grâce au financement d’un PIC3i, Arturo Londoño-Vallejo et ses collègues vont se pencher sur ce domaine peu exploré. En étudiant l’ADN des mitochondries, à l’échelle moléculaire, ils vont tenter de comprendre les effets précis des radiations sur cet ADN, la contribution de ces effets à la toxicité des rayons pour la cellule et la contribution contradictoire d’OGG1. Les chercheurs de l’Institut Curie conjugueront leurs talents, notamment en séquençage de l’ADN et en bioinformatique, avec l’expertise d’une équipe du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) spécialisée dans les effets biologiques des rayonnements ionisants et l’ADN mitochondrial.

Les PIC3I

Ce projet fait partie des programmes incitatifs et collaboratifs 3i (PIC3i) entièrement financés par la générosité du public : ils visent à encourager l’émergence de programmes innovants, en se basant sur un « mix » original entre spécialistes de tous horizons. Biologistes cellulaires, biophysiciens, chimistes, biochimistes, généticiens, physiciens théoriques, bio-informaticiens et médecins.