Les cancers digestifs

Institut Curie
28/02/2022
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Les cancers digestifs peuvent se développer sur tout le tube digestif (œsophage, estomac, intestin grêle, côlon-rectum, anus) ainsi que dans d’autres organes comme le foie, le pancréas et les voies biliaires). L’Institut Curie traite chaque année plus de 800 patients atteints de ces maladies.
Cindy Neuzillet
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Que sont les cancers digestifs ?

Les cancers digestifs regroupent les cancers du côlon et du rectum, du pancréas, du foie qui ont touché près de 68 000 personnes en 2018. A cela viennent s’ajouter les cancers de l’estomac, de l’œsophage et des voies biliaires.

Avec plus de 42 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, les cancers du côlon et du rectum sont de loin les plus fréquents des cancers primitifs du tube digestif. Cette grande fréquence justifie la mise en place, depuis quelques années, d’un dépistage organisé (au même titre que les  cancers du sein et du col de l’utérus  chez les femmes) chez les hommes et femmes âgés de 50 ans à 74 ans. En l’absence de facteurs de risque particuliers, ce dépistage est basé sur la recherche tous les 2 ans, d’une hémorragie microscopique dans les selles, suivie en cas de positivité, de la réalisation d’une coloscopie.

La fréquence des cancers du pancréas a beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Ils sont maintenant au second rang des cancers digestifs, devant les cancers de l’estomac et de l’œsophage. Les cancers primitifs de l’intestin grêle sont exceptionnels.

Les symptômes révélateurs des cancers digestifs dépendent de l’organe touché

Certains sont partagés et ne sont pas propres aux cancers digestifs : fatigue inhabituelle, perte d’appétit, amaigrissement involontaire. D’autres signes orientent d’emblée vers un cancer digestif :

  • Douleurs abdominales, modification significative et durable du transit (diarrhée ; constipation ; alternance diarrhée/constipation) ; présence de sang rouge ou noir, digéré (on parle de méléna), dans les selles pour les cancers colorectaux.
  • Vomissements alimentaires, parfois sanglants (hématémèse) ; méléna pour les cancers de l’estomac.
  • Gène au passage des aliments, en particulier solides ; blocages alimentaires ; vomissements sanglants (hématémèse) ; méléna pour les cancers de l’œsophage.
  • Jaunisse (« ictère »), associée à une décoloration des selles et à une coloration brune des urines ; douleurs abdominales pour les cancers du pancréas ou des voies biliaires.

La prise en charge des cancers digestifs à l’Institut Curie

L’Institut Curie peut prendre en charge l’ensemble des cancers primitifs du tube digestif, sur chacun de ses deux sites, Paris et Saint-Cloud. Il s’agit de prises en charge complexes impliquant presque toujours l’intervention de différents spécialistes : chirurgiens, gastroentérologues, oncologues, radiothérapeutes, radiologues, pathologistes. Il est parfois également nécessaire de faire appel à des gériatres, à des nutritionnistes et à des médecins spécialisés dans les soins de support et dans le traitement de la douleur. Un accompagnement psychologique est possible grâce à l’intervention de psychologues ou de psychiatres. Enfin, en cas de suspicion de prédisposition génétique au cancer, une consultation d'oncogénétique est proposée en vue de réaliser des analyses génétiques constitutionnelles diagnostiques. L’institut Curie est l’un des principaux centres d’oncogénétique d’Ile-de-France et fonctionne en réseau avec les autres centres de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris et de Gustave Roussy.

Sur le site de Saint-Cloud, l’Institut Curie collabore au quotidien avec l’hôpital Ambroise-Paré (AP-HP) de Boulogne (Hauts-de-Seine), situé à moins de 3 km, pour mutualiser les compétences et offrir aux patients un parcours de soins optimisé et personnalisé entre ces deux hôpitaux.

La recherche sur les cancers digestifs à l’Institut Curie

Les spécialistes des deux sites de l’Institut Curie participent activement à la recherche translationnelle et à la recherche clinique. La participation à un essai clinique est proposée au patient dès lors qu’il réunit les conditions requises. Elle permet parfois de bénéficier de l’administration de médicaments prometteurs mais non encore commercialisés. Les essais cliniques disponibles à l’Institut Curie couvrent l’ensemble des modalités de traitement, notamment les essais précoces évaluant l'immunothérapie et les nouvelles thérapies ciblées en développement.

Plusieurs équipes du centre de recherche en collaboration avec les cliniciens des deux sites de l'Institut cherchent à décrypter les mécanismes fondamentaux impliqués dans le développement des cancers digestifs. Un autre aspect majeur de la recherche menée à l’Institut Curie concerne la détection de l’ADN tumoral dans le sang qui offre des perspectives particulièrement intéressantes à la fois pour le suivi des malades, le monitoring des traitements anti-tumoraux spécifiques, l’évaluation du pronostic, le dépistage des cancers et des récidives après traitement.

En tant que centre spécialisé dans la prise en charge de tumeurs du canal anal et du rectum, l’Institut Curie s’est entre autre focalisé sur la recherche permettant de décrypter, et de comprendre le fonctionnement biologique et moléculaire de ces tumeurs. A ce jour, l’analyse de la plus grande cohorte de tumeurs du canal anal a été réalisée dans l’objectif de trouver à terme de nouvelles pistes thérapeutiques. 

 

 

 

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