Radiothérapie et biologie des radiations

Valérie Devillaine
15/03/2017
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Le site d’Orsay se concentrera sur le legs le plus précieux que nous avons reçu de Marie Curie : la radiothérapie. Il approfondira les connaissances sur la biologie des radiations et s’impliquera dans l’innovation en radiothérapie.
Marie Dutreix

Fort de 200 chercheurs et d'un Centre de protonthérapie de renommée internationale avec plus de 10 000 séances de traitement à son actif, le site d'Orsay est emblématique de la biologie des radiations et de la radiothérapie. Il s'intéressera aux trois projets en lien avec la radiothérapie et les effets biologiques des rayonnements ionisants.

Radiothérapie : de nouvelles modalités de traitement

Les irradiations flashs, en délivrant des doses élevées sur un temps très court, permettraient d’augmenter l’efficacité des rayons sur les cellules tumorales tout en minimisant les effets secondaires sur les cellules saines. Ce genre d’approche nécessite un saut technologique car les appareils de radiothérapie conventionnelle ne permettent pas de délivrer de telles doses. C’est pourquoi un système dit Pencil Beam Scanning, capable de telles performances, a été installé au Centre de protonthérapie afin de mener des études précliniques.

Un second axe de ce programme s’intéressera aux nouveaux agents thérapeutiques permettant de décupler les effets des rayons, comme les déjà bien connus Dbaits découverts à l’Institut Curie et qui empêchent les cellules tumorales de réparer les dommages causés à leur ADN par les rayonnements ionisants. D’autres molécules de ce type sont sans doute encore à découvrir. L’acquisition d’un générateur de rayons X permettra de tester ces radiosensibilisants potentiels.

Radiotoxicité, radiorésistance et cancers pédiatriques

Ce second projet de recherche vise à développer les techniques de radiothérapie chez les enfants en réduisant au maximum les effets secondaires. Leur cerveau, en plein développement, est parfois trop sensible pour recevoir une radiothérapie classique. En raison de sa toxicité, d’autant plus marquée que l’enfant est jeune au moment du traitement, la radiothérapie est exclue chez les nourrissons et rarement prescrite chez les enfants de moins de 3 ans. En outre, certaines tumeurs cérébrales pédiatriques très agressives rechutent après un traitement par radiothérapie.

Les chercheurs vont notamment étudier les bénéfices éventuels des irradiations flashs pour les enfants atteints de tumeurs cérébrales.

Photosensibilisation et rétinoblastome

Dans les pays industrialisés, la majorité des patients atteints de rétinoblastome, une tumeur de la rétine qui touche le jeune enfant, guérit. L’un des objectifs est donc de diminuer les séquelles des traitements. Dans ce contexte, la photosensibilisation apparait comme une option prometteuse. Cette stratégie consiste à injecter des molécules photosensibles, dites photosensibilisateurs, pour ensuite les activer par la lumière visible. La molécule destinée à détruire les cellules tumorales n’est active qu’une fois exposée à une longueur d’onde spécifique. Ce traitement n’est pas mutagène, ce qui constitue un enjeu important pour les jeunes patients atteints de rétinoblastome.