Actualité - Cancers du sein

Cancer du sein : Et demain comment soignera-t-on ?

Céline Giustranti
22/09/2017
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Contrer les résistantes développées par certains cancers sein, tel est l’objectif que s’est donné Sergio Roman-Roman et le département de recherche translationelle de l’Institut Curie.
Recherche-labo

La recherche se doit d’anticiper les défis de demain en cancérologie, c’est ce que fait Sergio Roman-Roman, responsable du département de recherche translationelle. Entouré de médecins, de médecins-chercheurs et de chercheurs, il met tout en œuvre pour améliorer la prise en charge des formes les plus agressives cancers du sein.

Anticiper la réponse aux traitements

Les médecins ont à leur disposition plusieurs options thérapeutiques pour traiter les femmes atteintes de cancer du sein. Toutefois dans un certain nombre de cas et sans que l’on sache encore pourquoi une résistance au traitement est observée. Or l’un des défis majeurs à relever pour améliorer la prise en charge des cancers du sein, est en effet selon lui est de lutter les résistances des tumeurs.

L’une des explications les plus couramment évoquées à cette résistance est l’hétérogénéité tumorale. D’une part il existe plusieurs types de cancer du sein : HER2, triple négatif, luminaux A ou B, mais là ne s’arrête pas là la complexité : au sein même de ces différents sous types, il existe des différences. « Si on considère les cancers du sein de type luminaux B, il représente 20 à 25 % des cancers du sein, et même s’ils expriment les récepteurs des œstrogènes une résistance aux hormonothérapies apparait chez certains femmes traitées sans que nous ayons à ce jour d’alternative thérapeutique, ni de moyen de repérer au préalable les patients qui vont développer une résistance. »

Or les chercheurs de l’Institut Curie développent depuis plusieurs années des modèles animaux à partir de prélèvements tumoraux des patients. Ces modèles reproduisent en tout point les évolutions de la tumeur, mais sur un laps de temps beaucoup plus court. Le recours à ces modèles pour chaque forme de tumeur du sein agressive permettrait d’anticiper les réactions de la tumeur, les récidives ou la survenue de la tumeur, mais aussi – et surtout – de tester en amont la sensibilité à tel ou tel traitement. Il serait alors possible d’étudier les différentes associations thérapeutiques, mais aussi la séquence des traitements. Un outil indispensable lorsque l’on sait que suivant l’ordre dans lequel on administre les traitements, leur efficacité n’est pas la même et que ces données semblent variées d’une patientes à l’autre.

Les modèles animaux porteurs de xénogreffes dérivées de patients constituent donc un modèle préclinique dès plus pertinents pour comprendre les mécanismes de résistance tumorale aux traitements et les anticiper. A terme il pourrait être envisagé de tester avant tout traitement chez une patiente son efficacité sur un modèle de ce type et ainsi limiter l’inefficacité des traitements et réduire les récidives.

Parallèlement, une des équipes du département de recherche translationelle, celle du chirurgien Fabien Reyal, étudie des lignées cellulaires issues de cancer du sein triples négatif pour tenter de comprendre les caractéristiques biologiques de ces tumeurs très agressives et évaluer la réponse à des médicaments qui sont dans le marché. Quant à Cécile Vallot elle se focalise sur la plasticité cellulaire. Ce phénomène de plus en plus souvent évoqué comme l’une des échappatoires développées par les cellules tumorales pour résister aux traitements reposerait sur la mise en place de marques épigénétiques dont elle est spécialiste.