Actualité - Cancers du sein

Haut risque de cancer du sein : une prise en charge par l’assurance maladie

Nathalie Oudar
04/10/2016
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Le dépistage du cancer du sein chez les personnes à haut risque est enfin pris en charge par l’Assurance maladie, a rappelé la ministre de la Santé lors du lancement d’Octobre rose.
Une patiente en salle d'IRM

Une patiente en salle d'IRM

En France, toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans bénéficient tous les deux ans d’un dépistage gratuit conjuguant examen clinique et mammographie dans des cabinets accrédités dans le cadre du dépistage organisé, tandis que "si votre mère a eu un cancer du sein et que vous ne bénéficiez pas de cet accès au dépistage, vous pouvez cependant avoir besoin d'examens", constatait la ministre de la Santé en octobre 2015. Le décret statuant de la dispense de frais (secteur 1) a été publié le 1er septembre 2016.

"La prise en charge par l’assurance maladie est un progrès indéniable, se réjouit la Professeure Dominique Stoppa-Lyonnet (Université Paris Descartes, Service de Génétique à l’Institut Curie). Soulignons cependant qu'il existe à ce jour une certaine incertitude: l'IRM est-elle incluse ou non ? C'est un élément clé de la surveillance d'un certain nombre de femmes. Il serait impensable qu'elle ne le soit pas."

Il était paradoxal que l'obligation d'avance de frais, voire un remboursement incomplet en cas d'absence d'assurance complémentaire, vienne s'ajouter à la difficulté de la situation. « Sans pour autant transformer les femmes à haut risque en patientes, on était dans une situation analogue à des malades pris en charge à 100 % pour une affection de longue durée (ALD) sans l'accès à l'ALD », reprend l’onco-généticienne.

"Le dispositif national d’oncogénétique s’organise autour de 130 consultations, dans 90 villes", explique l’Institut national du cancer (INCa) dans son dernier rapport. Parmi celles-ci, la consultation spécifique de gynécologie de l’Institut Curie suit plus de 2 200 femmes à haut risque de cancer du sein du fait de la présence d'une altération BRCA1/2 ou d'une histoire familiale marquée. "La surveillance est faite de façon conjointe avec leur gynécologue ou leur médecin traitant. L'imagerie est réalisée le plus souvent à l'Institut Curie qui a une solide expérience en IRM mammaire avec la possibilité d'effectuer des prélèvements sous IRM, précise l’onco-généticienne. La coordination du suivi facilite l'organisation des femmes qui sont convoquées automatiquement pour un bilan d'imagerie sur une journée. Nous les accompagnons dans leur décision de chirurgie préventive." La consultation de suivi contribue à une prise en charge optimale et rapide en cas d’examens complémentaires.

Environ 5 % des cancers du sein sont d’origine génétique : près de 17 000 femmes ont été identifiées, entre 2003 et 2014, comme porteuses d’un tel risque.

Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

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