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L’Inca consacre 2,5 millions d’euros à des projets de l’Institut Curie

Valérie Devillaine
04/02/2020
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Cinq des seize projets retenus par l’INCa dans le cadre de son appel à projets en recherche translationnelle cette année sont pilotés, ou copilotés, par des médecins et chercheurs de l’Institut Curie. Ces financements cumulés de 2,5 millions d’euros devraient leur permettre de suivre au mieux leurs nombreuses pistes d’avancées cliniques.
INCA

L’Institut national du cancer (INCa) a retenu cette année pas moins de cinq projets de l’Institut Curie dans le cadre de son programme de recherche translationnelle (PRT), soit 2,5 millions d’euros de financements. Le PRT de l’INCa vise à soutenir des projets à l’interface entre recherche exploratoire et recherche clinique. Autrement dit, comment transformer des découvertes fondamentales en progrès médicaux. L’Institut Curie, associant sur un même site un centre de recherche et un ensemble hospitalier, s’illustre depuis longtemps dans ce domaine.

Grâce à ce nouveau soutien majeur, François-Clément Bidard étudiera les mutations du gène ESR1 qui sont impliquées dans des mécanismes de résistance à certains traitements dans le cancer du sein. Ces mutations sont acquises au cours du développement de la maladie et particulièrement fréquentes. Des thérapies ciblant ces mutations sont justement en développement. Ces travaux devraient donc permettre, sans attendre, de savoir à quelles patientes ils peuvent être bénéfiques. Le médecin-chercheur tentera aussi de découvrir des facteurs prédictifs de l’apparition de telles mutations afin de tester leur présence chez les patientes les plus à risque.

Olivier Ayrault s’intéresse quant à lui au médulloblastome, la tumeur maligne du cerveau la plus fréquente chez les enfants. Ces tumeurs se classent en quatre groupes dont deux sont encore mal caractérisés. L’appartenance à un ou l’autre de ces groupes conditionne pourtant la survie des patients. Olivier Ayrault cherchera donc grâce à une approche “multi-omique” – étude de l’ensemble du génome (génomique), de l’ensemble des protéines (protéomique) et des molécules intermédiaires (transcriptome) – à mieux qualifier chaque groupe afin de pouvoir mettre en place des stratégies thérapeutiques adaptées.

Autres cancers pédiatriques redoutables : les tumeurs rhabdoïdes, qui touchent les nourrissons. Le projet de Franck Bourdeaut vise, avec plusieurs hôpitaux franciliens, à mieux décrire ces tumeurs, notamment sur le plan des protéines produites par leurs cellules. Ainsi, le médecin-chercheur devrait pouvoir identifier comment articuler plusieurs approches thérapeutiques innovantes pour lutter plus efficacement contre ces cancers, en fonction notamment des protéines à cibler.

En partenariat avec l’hôpital Ambroise-Paré, Nicolas Girard réalisera de son côté un suivi sanguin des patients atteints de cancers broncho-pulmonaires, afin d’identifier des facteurs prédictifs de leur réponse aux immunothérapies, des traitements agissant sur les défenses de l’organisme des patients afin de les aider à lutter contre la maladie.

Marc-Henri Stern, enfin, se penchera sur un processus de mutation qu’il a récemment identifié, concernant le gène d’une enzyme appelée MBD4, et qu’on retrouve dans différents types de tumeurs solides et leucémies. Ces mutations constituent un nouveau facteur de prédisposition au cancer. Marc-Henri Stern va donc examiner si la recherche de ces mutations permet d’orienter les choix thérapeutiques pour ces patients et d’améliorer le conseil génétique afin de diagnostiquer au plus tôt d’éventuels cancers chez les patients eux-mêmes et dans leur famille.

Les résultats de tous ces travaux doivent conduire ensuite à des recherches appliquées, comme des essais cliniques afin de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques pour ces différents cancers.