Actualité - Distinction

Recherche interventionnelle en santé publique : deux financements importants de l’INCa

Valérie Devillaine
13/02/2019
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Dans le domaine de la lutte contre la douleur et des soins palliatifs, l’Institut Curie mène depuis plusieurs années des projets innovants. L’Institut national du cancer lui donne l’occasion de démontrer leur pertinence.
Santé publique Inca

Le programme d'éducation du patient DECLIC : évaluation d'un projet de recherche interventionnelle en santé des populations (le DECLIC EPRI)

La douleur liée au cancer est un symptôme fréquent, déclaré par 20 à 70 % des patients. Et pour 40 % d’entre eux, ces douleurs ne sont pas suffisamment soulagées. C’est pourquoi l’Institut Curie a lancé voici deux ans le programme DECLIC, pour Douleurs chroniques liées au cancer (et à ses traitements). Ce programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) permet aux malades, grâce à des entretiens avec des médecins et des soignants et des ateliers collectifs, de mieux comprendre leurs douleurs, de mettre des mots dessus, de mieux connaître les traitements médicamenteux et non médicamenteux qu’ils peuvent utiliser pour la soulager. « Quand ils participent à un programme d’ETP, les patients en parlent à leur médecin, preuve que c’est important pour eux, et les médecins le reportent aussi dans le dossier de leur patient, preuve que c’est pour eux aussi un élément important de la prise en charge du malade », rapporte le Dr Évelyne Renault-Tessier, spécialiste de la douleur à l’Institut Curie. Forte de cette expérience, elle veut aujourd’hui mener une Évaluation de ce programme en recherche interventionnelle (EPRI) afin d’évaluer les bienfaits de cette prise en charge pour les patients et mesurer son impact dans la pratique des médecins pour tenter ensuite d’en améliorer l’efficacité. L’INCa a choisi de lui donner les moyens de le faire. Grâce à une subvention de 530 000 euros, le Dr Renault-Tessier et son équipe, en partenariat avec le Dr Aurélie Bourmaud, chercheuse à l’Inserm, vont pouvoir recueillir des données médico-économiques, interroger des patients, leur médecin oncologue et le médecin traitant qui les suit, d’abord à l’Institut Curie puis dans quatre autres sites. Le design de la recherche interventionnelle permettra en effet de dupliquer le programme DECLIC sur quatre centres hospitaliers en France.

Par ce projet de recherche DECLIC EPRI, nous voulons vérifier que le “déclic est pris” ! 

Evelyne Renault Tessier et Aurélie Bourmand

Le Dr Aurélie Bourmand et le Dr Evelyne Renault-Tessier, coordinatrices de l'étude.

L’hôpital de jour de soins palliatifs intégrés en cancérologie pour les patients en phase avancée : impact sur la qualité des soins, le soutien des proches et la qualité du parcours de fin de vie (Etude HDJ-SPI)

L’Institut Curie est par ailleurs l’un des quelques centres de lutte contre le cancer en France qui a mis en place un hôpital de jour de soins palliatifs. Il y a plus de 10 ans déjà. Objectif : que les patients souffrant de cancers incurables puissent poursuivre leurs traitements tout en préservant au maximum leur qualité de vie en rentrant chez eux le soir, auprès de leurs proches, dans leur environnement familier. « Les retours que nous avons des patients et de leurs proches sont positifs et de plus en plus de médecins nous adressent leurs patients, se félicite le Dr Carole Bouleuc, oncologue spécialisée en soins de support et soins palliatifs à l’Institut Curie. Nous voulons maintenant valider scientifiquement les bénéfices d’un tel hôpital de jour en termes d’amélioration de la qualité de vie des patients, d’allègement de la charge pour les proches et de diminution de l’agressivité des soins (éviter les passages aux urgences, les actes de réanimation…). » Grâce, là encore, au soutien de l’INCa, le Dr Carole Bouleuc et ses collègues vont interroger les patients et leurs proches dans plusieurs hôpitaux de jour de soins palliatifs en France (Curie-Paris et Saint-Cloud, Lille, Nice, Rouen…) et comparer leurs symptômes, leurs traitements, leur ressenti, etc. à ceux de patients pris en charge en soins palliatifs uniquement à domicile ou en hospitalisation.

Nous allons mener également une évaluation médico-économique car nous pensons que l’hôpital de jour est gagnant sur tous les tableaux : il représente une meilleure prise en charge et à un moindre coût.