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Biomarqueur potentiel pour les lymphomes non hodgkiniens cérébraux

Céline Giustranti
16/09/2016
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Identifier des marqueurs pour confirmer le diagnostic, mais aussi évaluer le risque évolutif reste une priorité pour un grand nombre de cancer. Un pas en ce sens vient d’être franchi pour un cancer rare : les lymphomes primitifs du système nerveux central.
Centre de Ressources Biologiques (CRB)

Odette Mariani, PhD. Le Centre de Ressources Biologiques de l'Institut Curie a été initié en 1989 par le Dr Xavier SASTRE-GARAU, avec la constitution d'une banque de tissus tumoraux cryopréservés,…

Les lymphomes non hodgkiniens (LNH) représentent 7 % des cancers en France. Dans 2-3 % des cas, le LNH se développe exclusivement dans le système nerveux central qui comprend le cerveau, l’œil, les méninges et la moelle épinière. Ces lymphomes primitifs du système nerveux central (LPSNC) touchent environ 300 personnes chaque année en France. Leur diagnostic est le plus souvent évoqué sur une IRM, mais la biopsie tumorale reste indispensable pour établir un diagnostic de certitude. Dans certains cas, la biopsie cérébrale n’est pas réalisable, ce qui peut entrainer des conséquences sur la prise en charge de ce cancer hématologique. L’identification d’un biomarqueur fiable et précis constitue donc un enjeu de première importance pour réduire le délai diagnostique des LPSNC non biospsiables. Nous ne disposons pas non plus de biomarqueurs permettant d’établir un pronostic de la maladie. L’interleukine 10 (IL-10) est un facteur de prolifération des lymphomes, qui peut être dosé dans le liquide céphalorachidien en cas de LPSNC. Des mesures ont donc été effectuées chez 79 patients atteints de LPSNC et 40 personnes contrôles. Une concentration en IL-10 supérieure à 4 pg/ml –permettait de distinguer les LPSNC des autres pathologies neurologiques avec une sensibilité de 88,6 % et une spécificité de 88,9 %.

Si le taux d’IL-10 avant le traitement ne semble pas avoir d’influence sur la réponse au traitement, il n’en est pas de même du taux d’IL-10 dosé en fin de traitement. Les patients chez lesquels un taux d’IL-10 reste détectable en fin de traitement semblent plus à risque de récidive que ceux chez lesquels ce taux est indétectable. « La détermination du taux d’IL-10 pourrait donc compléter l’imagerie par IRM dans l’établissement du diagnostic de LPSNC, résume le Dr Carole Soussain, mais pourrait aussi aider à déterminer les patients présentant un risque de récidive plus élevé à qui il faudrait alors proposer des traitements complémentaires. » Ces résultats doivent être cependant confirmés par des études complémentaires.

En savoir plus

The CSF IL-10 concentration is an effective diagnostic marker in immunocompetent primary CNS lymphoma and a potential prognostic biomarker in treatment-responsive patients.
Nguyen-Them L, Costopoulos M, Tanguy ML, Houillier C, Choquet S, Benanni H, Elias-Shamieh R, Armand M, Faivre G, Glaisner S, Malak S, Vargaftig J, Hoang-Xuan K, Ahle G, Touitou V, Cassoux N, Davi F, Merle-Béral H, Le Garff-Tavernier M, Soussain C; French LOC Network for CNS Lymphoma.
Eur J Cancer. 2016 Jul;61:69-76. doi: 10.1016/j.ejca.2016.03.080. Epub 2016 May 5.

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