Actualité - Institutionnel

"La recherche fondamentale à l’Institut Curie est une source inestimable d’innovations."

Sabine D'Andrea
16/11/2020
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A la tête du Centre de recherche de l’Institut Curie depuis septembre 2019, le Pr Alain Puisieux met en œuvre un programme scientifique ambitieux ancré dans la culture de l’institut et fidèle à l’« esprit Curie ».
Alain Puisieux

S’appuyant sur une recherche fondamentale d’excellence, il porte une vision résolument tournée vers l'avenir pour faire face aux nouveaux défis scientifiques, technologiques et médicaux.

 

Comment résumeriez-vous la politique scientifique que vous souhaitez mettre en œuvre ?

Si je devais mettre en avant une ambition, je choisirais : ‘’l’évolution de la multidisciplinarité vers l’interdisciplinarité’’. Mon objectif est de soutenir cette évolution, en consolidant les interactions entre disciplines scientifiques et en renforçant les liens entre chercheurs et cliniciens. Différentes actions seront mises en œuvre à cet effet, notamment au travers de la création d’unités mixtes de recherche reposant sur différentes disciplines, avec le recrutement associé de jeunes chercheurs à l’interface de ces disciplines. Le développement de ces interfaces au sein même de chacune des unités constitue en effet un élément clef pour que des chercheurs présentant des expertises différentes travaillent ensemble pour répondre à une même question. C’est ce « travail ensemble » auquel je souhaite donner une dimension nouvelle.

Vous êtes arrivé au Centre de recherche, il y a tout juste un an maintenant, quels sont vos premiers constats ?

Ayant été membre de la Commission scientifique du Centre de recherche depuis 2013, je connaissais assez bien le fonctionnement de l’Institut Curie et beaucoup de ses leaders scientifiques et médicaux. Cette connaissance a facilité ma prise de fonction, même si ma première année de Direction a été rendue compliquée par certains événements peu prévisibles, et notamment la crise sanitaire. Et j’ai surtout eu le plaisir de retrouver la maison de Marie Curie et sa richesse intellectuelle. C’est un sentiment très fort, qui nous oblige à l’excellence. Derrière ce terme d’excellence je fais référence à la qualité scientifique des travaux de nos chercheurs mais aussi à la philosophie de notre recherche et à l’éthique. Un débat m’a cependant surpris par sa force et par sa récurrence : le Centre de recherche doit-il rester une structure de recherche fondamentale dans le domaine des sciences de la vie ou doit-il évoluer vers une recherche à caractère plus « translationnel » ? J’ai toujours pensé que la recherche constituait un continuum et il ne fait aucun doute que nos racines sont constituées par la recherche fondamentale. C’est en soutenant cette recherche que nous développerons naturellement une recherche translationnelle performante.

Selon vous, comment doivent se construire les interactions avec l’Ensemble hospitalier ?

Je partage l’avis que la force des liens fonctionnels entre le Centre de recherche et l’Ensemble hospitalier déterminera ce que sera l’Institut Curie dans dix ans. Aujourd’hui, recherche translationnelle et recherche clinique ne peuvent plus se concevoir l’une sans l’autre. Si un grand nombre d’équipes du Centre de recherche déclinent déjà leurs propres travaux du fondamental à l’application, je pense qu’il faut repenser notre organisation du Programme Médico-Scientifique, afin d’en initier une vision intégrée et de proposer tous les outils nécessaires à son développement, dans le contexte d’un « guichet » unique. Il s’agit là d’un chantier important, qui implique bien entendu le Centre de recherche et l’Ensemble hospitalier mais aussi certains services du Siège. Il constituera sans nul doute une priorité de ces prochains mois, car c’est un élément déterminant pour répondre à la notion de Comprehensive Cancer Center. 

Quelles sont vos autres priorités actuelles ?

La recherche m’a appris que nous ne pouvions avoir un impact réel qu’en identifiant parfaitement les questions posées, en déterminant les approches les plus adaptées pour y répondre, et en évitant le « papillonnage ». C’est avec cet état d’esprit que j’ai identifié cinq actions prioritaires. J’ai déjà évoqué deux d’entre elles : l’évolution de la multidisciplinarité vers l’interdisciplinarité, qui sera mise en œuvre avec les directrices et directeurs d’unité dans le contexte de la préparation des prochains contrats quinquennaux des unités, et l’optimisation du lien entre recherche translationnelle et recherche clinique, réflexion conduite en interaction directe avec la direction de l’Ensemble hospitalier. Les autres dossiers prioritaires sont l’augmentation de notre attractivité, qui prend une importance toute particulière dans un contexte où plusieurs de nos leaders scientifiques vont partir à la retraite dans les 5 ou 6 ans à venir ; la définition de notre stratégie en terme de développements technologiques, pour assurer l’accès de nos chercheurs à des outils de pointe ; et le renforcement de notre politique d’hygiène et sécurité et la poursuite des travaux dans le contexte du Projet d’établissement MC21 afin d’assurer à l’ensemble de nos collaborateurs des conditions de travail optimales.

Pour conclure, quel projet de votre programme vous tient particulièrement à cœur ?

Je garde, à l’esprit une ambition assumée : organiser un symposium international de l’Institut Curie dans le but de rassembler l’ensemble de notre communauté autour d’un événement fort, ouvert vers l’extérieur. J’y tiens plus encore aujourd’hui. Sa mise en œuvre signifiant la sortie de la crise sanitaire et le retour à une activité normale, c’est-à-dire basée sur les échanges et les interactions.

La recherche fondamentale à l'Institut Curie
Le continuum recherche-soins