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Institut Curie : combattre le cancer partout dans le monde

14/03/2022
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En parallèle de ses actions en France, l’Institut Curie mène de nombreux projets sur le plan international. Recherche, soins, actions humanitaires, conseils… les actions de l’Institut Curie à l’étranger sont nombreuses et se démultiplient sur tous les continents, depuis le Japon, jusqu’au Kazakhstan, en passant par la Colombie, le Koweit, la Tanzanie.
Soirée internationale des ambassadeurs

Une dimension internationale largement abordée lors de la cinquième Soirée des ambassadeurs de l’Institut, avec plusieurs moments forts à suivre au courant de l’année 2022. 

 

Avec 64 nationalités dans notre centre, 350 doctorants accueillis, 130 collaborations à l’étranger et 60% des publications signées en collaboration avec un partenaire étranger, l’esprit Curie peut se résumer en trois valeurs : curiosité, ouverture et solidarité,

résume le Pr Alain Puisieux, directeur du Centre de recherche de l’Institut Curie.

Une présence internationale qui se traduit également par l’accueil de nouveaux malades en France.

Adressés via un système d’admission, ces patients présentent soit des formes complexes, des formes rares ou ont parfois des problèmes d’accessibilité à des prises en charge thérapeutiques. Nous tenons à ce que leur venue leur permette d’avoir un combat plus facile, plus sain, avec plus de chances de gagner,

explique le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble hospitalier.

Et pour être toujours plus fort contre le cancer, l’Institut Curie mène plusieurs projets de front avec des partenaires à l’étranger.

La pandémie de Covid19 ne doit pas masquer la réalité du retard de diagnostic de maladies longues comme le cancer. Face au défi mondial du cancer, dont le nombre de cas pourrait, selon l’OMS, augmenter de 60% dans les 20 prochaines années, l’Institut Curie investit dans les diagnostics précoces et les techniques de pointe, noue des partenariats de pointe avec des hôpitaux, des soignants, des médecins partout dans le monde pour développer et partager son savoir-faire, son expertise et ses connaissances,

conclut le Pr Thierry Philip, président du Directoire de l’Institut Curie.

Le Prix Nobel Tasuku Honjo en visite en mai

Tasuku Honjo, prix Nobel de médecine en 2018 pour ses travaux en immunologie, se rendra en France en mai afin de visiter l’Institut Curie. Salué pour sa découverte de PD-1, un régulateur qui ralentit l’immunité, Tasuku Honjo est aussi le directeur du Center for Cancer Immunotherapy and Immunobiology (CCII) de l’université de Kyoto au Japon.

Créé en 2020, ce centre d’excellence va travailler main dans la main avec l’Institut Curie. « Je me réjouis de cette collaboration avec l’Institut Curie, qui est reconnu à travers le monde », explique Tasuku Honjo. « Notre but est de découvrir des marqueurs et d’améliorer l’immunothérapie. Pour cela, il faut allier recherche fondamentale et recherche clinique. » Un enthousiasme partagé par Sebastian Amigorena, directeur de recherche CNRS, chef de l’équipe Réponses immunitaires et cancer du Centre de recherche de l’Institut Curie (Inserm U932) : « La route sera longue avant de pouvoir traiter tous les cancers. Les solutions reposeront sûrement sur des combinaisons de plusieurs traitements. »

Bientôt la signature d’accords franco-colombiens en cancérologie

Tout commence en 1928, lorsque Claudius Regaud, cofondateur de l’Institut Curie, entreprend un long voyage en Colombie. Pendant ses quatre mois sur place, il posera les jalons de la création du National Radium Institute, inauguré six ans plus tard. Aujourd’hui, la coopération entre la Colombie et l’Institut Curie a vocation à proposer des soins aux populations vivant dans des villes plus excentrées. Carolina, une patiente internationale vivant dans le Nord-Est du pays, a pu se faire suivre en France. « Barranquilla est une grande ville de 2 millions d’habitants, où peu de gens ont la chance que j’ai eue. Après le choc de l’annonce de mon cancer, j’ai découvert la dimension internationale qu’avait l’Institut Curie, où on m’a fait me sentir comme chez moi. » Pierre Anhoury, directeur des Relations internationales, retournera sur place du 20 au 30 avril prochains pour finaliser des accords de collaboration entre les deux pays.

Quatre ans pour répondre aux besoins criants en Tanzanie

Avec 40 à 50 000 nouveaux cas par an, les cancers sont sous-estimés en Tanzanie. Seuls 30% sont pris en charge dans des structures adaptées, mais souvent bien trop tard. Depuis fin 2019, l’Institut Curie est consultant pour l’Agence française de développement (AFD) dans le pays. A mi-parcours, le bilan du Tanzania Comprehensive Cancer Project est positif. La construction de plusieurs hôpitaux dans le Nord du pays a bien démarré. En parallèle, plusieurs centaines de personnes ont pu être formées pour devenir auxiliaires de santé en cancérologie. Une façon de répondre aux problématiques du pays : un éloignement des structures de soin, un recours à la médecine traditionnelle, un système de prise en charge insuffisant. Surtout, le pays dispose pour le moment de sept appareils de radiothérapie externe (il en existe 540 en France, pour comparaison). « Le but est, à terme du projet, de passer de 7 à 14 appareils. La tâche est importante mais les professionnels sont très investis », se félicite Alain Fourquet, ancien chef du département de radiothérapie à l’Institut Curie.

Renaître de ses cendres après l’explosion au Liban

Après l’explosion dévastatrice survenue le 4 août 2020 à Beyrouth au Liban, l’Institut Curie a débloqué 500 000 euros pour financer la formation de médecins et de chercheurs libanais en France et a lancé un programme de master class thématiques. « Cette année vécue à l’Institut Curie est la plus importante de ma vie professionnelle », explique le Dr Juliette Assy, pédiatre, qui était « sans espoir de redémarrage avec la crise économique » au Liban. « J’ai perdu des collègues et mon hôpital a été très touché. Ce programme a su me redonner de l’espoir. Une véritable opportunité de renaître de ses cendres, comme les Libanais et comme la ville de Beyrouth », témoigne le Dr Rabih Mikhael, chirurgien. Grâce à ce programme, l’Institut Curie représente non seulement un espoir pour les malades mais aussi une chance de rebond pour ces médecins, qui peuvent ainsi poursuivre la mission de l’Institut : combattre le cancer sans relâche.

 

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