Innovation

L’Institut Curie doublement distingué par la Fondation BMS

04/11/2026

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 L’Institut Curie doublement distingué par la Fondation BMS

Les Dres Claire Hivroz et Isabelle Janoueix-Lerosey, cheffes d’équipe à l’Institut Curie, sont lauréates de la 15e édition de l’appel à projet de la Fondation d’Entreprise Bristol Myers Squibb. Ce programme soutient des projets innovants en immuno-oncologie visant à faire avancer la recherche et à améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer. Cette reconnaissance souligne l’excellence de la recherche fondamentale menée à l’Institut Curie et apporte un soutien déterminant pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques au bénéfice des patients.

Deux projets de l’Institut Curie figurent parmi les lauréats de la 15e édition de l’appel à projets lancé par la Fondation Bristol Myers Squibb. Ce programme soutient les initiatives innovantes en immuno-oncologie visant à faire avancer la recherche et à améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients. « Depuis dix ans, le soutien de BMS à de multiples projets, pour un montant total de 1,3 million d’euros, témoigne d’une confiance précieuse dans nos équipes et leurs travaux. Nous partageons une ambition commune : faire émerger des découvertes qui pourront un jour bénéficier aux patients. Cette distinction illustre le rôle essentiel des partenariats public-privé pour accélérer la recherche et développer les innovations thérapeutiques de demain, » déclare le Dr Cécile Campagne, directrice de la Valorisation et des partenariats industriels de l’Institut Curie et directrice adjointe du Carnot Curie Cancer.

 

Cancers pédiatriques : décrypter la niche médullaire du neuroblastome métastatique pour optimiser l’immunothérapie

Le Dr Isabelle Janoueix-Lerosey, directrice de recherche Inserm et cheffe de l’équipe Biologie et oncogenèse du neuroblastome à l’Institut Curie, a été distinguée pour son projet consacré aux interactions entre les cellules de neuroblastome et leur environnement dans la moelle osseuse. Initié dans le cadre du consortium Paris Kids Cancer, ce projet est réalisé en étroite collaboration avec le Dr Françoise Pflumio, directrice de recherche Inserm et cheffe d’équipe de recherche1 au CEA. Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-crânienne la plus fréquente chez les enfants. Souvent diagnostiqué à un stade métastatique avec une survie inférieure à 50 % pour les formes à haut risque, ce cancer pédiatrique nécessite des solutions thérapeutiques plus efficaces. La moelle osseuse est touchée dans plus de 90 % des formes métastatiques, qui présentent un très mauvais pronostic et à une résistance aux traitements.

Si les immunothérapies ciblant le GD2, une molécule présente à la surface des cellules tumorales, ont amélioré la prise en charge de certains patients, leur efficacité reste limitée. Plusieurs arguments suggèrent un rôle clé du microenvironnement tumoral dans l’échappement immunitaire. « Ce qui nous intéresse, c’est de comprendre pourquoi les cellules tumorales envahissent préférentiellement la moelle osseuse puis comment elles s’adaptent, et interagissent avec ce nouvel environnement qu’est la niche médullaire, » explique le Dr Isabelle Janoueix-Lerosey. « Le neuroblastome est un cancer particulièrement hétérogène, et cette complexité nécessite qu’on la décode cellule par cellule, à travers une approche intégrative combinant génétique, transcriptomique et modélisation. »

Pour explorer ces interactions dans la moelle osseuse, le projet s’appuie sur des modèles innovants de « mini-os humanisés », appelés ossicules, qui reproduisent une moelle osseuse humaine fonctionnelle. Ces modèles sont développés par l’équipe du Dr Françoise Pflumio au CEA. Ils permettront d’étudier comment les cellules de neuroblastome s’y implantent et s’y développent, de caractériser leurs propriétés et d’analyser les modifications qu’entraînent les cellules tumorales sur les différentes populations de cellules de la moelle osseuse.

« En combinant ces modèles innovants et plusieurs techniques d’analyse des cellules et de l’expression de leurs gènes, ces travaux visent à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. À terme, ils pourraient contribuer à améliorer l’efficacité des immunothérapies et ouvrir de nouvelles perspectives de traitement pour les jeunes patients atteints de neuroblastome », conclut la chercheuse.

 

MECAR-T : exploiter la mécanique des cellules pour améliorer les immunothérapies

Les cellules CAR T, des cellules immunitaires modifiées pour reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses, ont transformé le traitement de certains cancers. Leur efficacité reste toutefois limitée lorsque les cellules tumorales expriment moins les marqueurs qu’elles ciblent ou que leur environnement devient défavorable. Porté par le Dr Claire Hivroz, directrice de recherche Inserm, cheffe de l’équipe Analyse intégrative de l'activation des lymphocytes T  à l’Institut Curie, le projet MECAR-T explore une piste encore peu étudiée pour surmonter ces obstacles : améliorer la capacité des CAR T à percevoir les propriétés mécaniques des cellules tumorales et à y répondre.

Au cours de la progression d’un cancer, les propriétés physiques de la tumeur évoluent : le réseau qui entoure les cellules peut se rigidifier, tandis que les cellules cancéreuses deviennent parfois plus souples. « Ces changements pourraient constituer un frein mécanique à l’action des cellules immunitaires et favoriser l’échappement tumoral, » déclare le Dr Claire Hivroz. L’équipe a également montré que les CAR T sont sensibles à la rigidité de leurs cibles.

Alors que les stratégies d’amélioration des CAR T se concentrent principalement sur les signaux biochimiques, MECAR-T entend exploiter leur sensibilité mécanique. « Les cellules CAR T sont aussi sensibles aux propriétés mécaniques des cellules qu’elles rencontrent. Avec MECAR-T, nous cherchons à comprendre comment ces propriétés influencent leur capacité à attaquer les cellules cancéreuses. Notre ambition est de concevoir des CAR T mieux adaptés aux contraintes physiques des tumeurs, pour renforcer leur efficacité, notamment contre les tumeurs solides », explique le Dr Claire Hivroz.

 

[1] Equipe Niche et Cancer dans l’Hématopoïèse, UMR008/U1274
 

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