Distinction

Le Dr Matthieu Piel rejoint l’Académie des sciences

04/06/2026

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Le Dr Matthieu Piel rejoint l’Académie des sciences

Directeur de recherche CNRS et chef d’équipe de recherche à l’Institut Curie, le Dr Matthieu Piel a été officiellement accueilli à l’Académie des sciences lors de la cérémonie de réception des nouveaux membres organisée le 2 juin 2026, sous la Coupole de l’Institut de France. Cette distinction salue des travaux pionniers menés à l’interface entre physique et biologie cellulaire, qui ont notamment mis en évidence le rôle des contraintes physiques dans le comportement des cellules immunitaires et cancéreuses.

« C’est d’abord un sentiment de fierté, confie le Dr Matthieu Piel. On se sent reconnu par la communauté scientifique, d’une manière assez officielle. L’Académie des sciences est une institution importante, avec de très grands scientifiques. Se dire qu’on en fait partie, c’est forcément marquant, d’autant que je ne m’y attendais pas vraiment. »

Ces mots résument l’état d’esprit du chercheur au moment de rejoindre l’Académie des sciences. Directeur de recherche CNRS et chef de l’équipe Physiologie quantitative de la cellule (CNRS UMR144 / Sorbonne Université) à l’Institut Curie, le Dr Matthieu Piel a construit son parcours autour d’une question centrale : comment les cellules vivent, se déplacent, se divisent et s’adaptent lorsqu’elles sont soumises à des contraintes physiques ?

Ses travaux ont notamment montré comment le confinement, c’est-à-dire le passage des cellules dans des espaces très étroits au sein des tissus, influence le comportement des cellules immunitaires et cancéreuses.
Ils ont contribué à faire émerger une vision intégrée de la biologie cellulaire, où mécanique, architecture cellulaire et fonction biologique sont étroitement liées.

« Je me considère comme un biologiste qui utilise des outils de la physique pour répondre à des questions de biologie », explique le Dr Matthieu Piel.

Cette approche a permis à son équipe d’explorer la façon dont les cellules réagissent aux contraintes physiques, en particulier lorsqu’elles migrent dans des tissus denses, où elles sont comprimées par leur environnement. Parmi ses découvertes marquantes figurent les ruptures de l’enveloppe nucléaire : les noyaux peuvent se casser mécaniquement sous l’effet des contraintes exercées par les cellules, puis être réparés, avec des conséquences parfois importantes sur leur comportement. Dans le contexte tumoral, ces ruptures peuvent par exemple favoriser l’apparition de cellules plus invasives.

Ce regard interdisciplinaire s’est forgé à l’Institut Curie, où le Dr Matthieu Piel arrive pour la première fois en 1995, dans le laboratoire du Dr Michel Bornens. Physicien de formation, il y découvre la biologie cellulaire, avant d’y réaliser sa thèse. Après un passage aux États Unis, il choisit de revenir à l’Institut Curie pour créer son équipe en 2007, convaincu d’y trouver un environnement scientifique unique.

« Presque aucun des projets que j’ai menés n’aurait été possible seul, souligne-t-il. À l’Institut Curie, j’ai toujours eu accès à tout ce spectre, des biologistes aux physiciens, dans un esprit de collaboration et de partage assez unique. »

Son équipe explore aujourd’hui de nouvelles pistes reliant biologie cellulaire, santé et enjeux environnementaux, notamment autour de l’impact des microplastiques sur les cellules immunitaires. Une ouverture qui rejoint une conviction plus large : pour Matthieu Piel, la science permet de sortir des a priori, de remettre en question « des choses que l’on pense savoir sans vraiment les savoir », et peut contribuer à une forme « d’émancipation collective ».
 

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