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Quand l’image vient au chevet des patients

Nathalie Boissière
24/03/2021
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Projet d’accompagnement inédit de patients luttant contre le cancer à l’Institut Curie, S’il n’y avait qu’une image est désormais un ouvrage disponible en librairie. Riche d’une histoire humaine forte faite de rencontres, les images recueillies dans ce livre ont souvent été des supports de soins.
Livre "S'il n'y avait qu'une image" de Hélène Mauri,

Depuis 2015, je vais à la rencontre de patients hospitalisés en cancérologie à l’Institut Curie de Paris et leur demande qu’elle serait la photographie qu’ils aimeraient voir, avoir et qui aurait du sens pour eux. Ce serait une image apaisante, une aide, un soutien qui leur apporterait du bien-être, une évasion durant leur hospitalisation.

C’est par ces mots que Hélène Mauri, jeune infirmière et photographe, débute le récit de son projet, S’il n’y avait qu’une image. Loin d’avoir pour objectif la publication d’un livre, « c’est avant tout une rencontre entre photographe et patient, un partage, matérialisé en une réalisation photographique personnalisée », précise-t-elle.

L’action d’Hélène venait parfaitement s’ancrer dans le projet de soins de l’Ensemble hospitalier et ses valeurs. Avec ses qualités d’artiste et ses compétences d’infirmière, Hélène a démontré une nouvelle façon de construire un lien entre le patient et les soignants.

Se remémore Sylvie Arnaud, directrice des soins

Les soignants du site parisien de l’Ensemble hospitalier identifient des patients susceptibles de vouloir participer au projet puis la photographe va à leur rencontre : « il s’agit d’ouvrir le dialogue avec eux et d’établir une relation de confiance qui nécessite parfois plusieurs visites » précise l’autrice. C’est ainsi qu’Hélène Mauri interroge des personnes, vivant avec un cancer évolutif ou en fin de vie, sur la photographie qu’ils aimeraient avoir à leurs côtés.

« Une photographie qui fonctionnerait comme une aide, un soutien et leur apporterait du bien-être » écrit Mercedes Deambrosis dans la préface de l’ouvrage.

Ces personnes malades doivent faire face à la fois à des douleurs physiques, psychologiques, parfois aussi spirituelles et culturelles. Elles ont la liberté de demander n’importe quelle photographie (paysage, portrait...). Suite à cette demande, Hélène Mauri leur propose d’aller réaliser cette photographie quelle qu’elle soit et où qu’elle soit, puis de leur en ramener un tirage qui est accroché au mur de leur chambre d’hôpital.

Le lecteur découvre dans un premier temps le souhait de la personne avec ses propres mots comme Audrey, 32 ans, ou Constant, 80 ans, et découvre à la page suivante la photographie réalisée : le quartier de Montmartre, les aiguilles de Belle-Île-en-Mer, ou la petite Amazonie des Pyrénées. Au-delà des rencontres, des mots posés sur un souvenir de lieux ou d’êtres chers, ces images ont souvent été un support de soins et ont, plusieurs fois, aidé lors de séances d’hypnose et de sophrologie pour accompagner des soins douloureux.

Le projet, réalisé à l'Institut dans le cadre d’un bénévolat au sein de l’association de soins palliatifs ASP Fondatrice, a été soutenu financièrement par l’Institut Curie et plusieurs fondations. Il a été primé par la Fondation de France, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), le prix spécial infirmier d’Any-d’Avray et par l’association francophone de soins de support (Afsos).

S'il n'y avait qu'une image Hélène Mauri ; Mercedès Deambrosis (contributions) (Editions Loco, 2021) ) Beau livre broché, 180 pages, 30 euros.