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Cancers du sein métastatiques : chimiothérapie et hormonothérapie, les cellules tumorales circulantes à la rescousse

Sabine D'Andrea
06/11/2020
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Le dosage des cellules tumorales circulantes : une aide précieuse dans le choix du traitement dans le cas d'un cancer du sein métastatiques hormono-dépendant.
Jean-Yves Pierga et François-Clément Bidard

Jean-Yves Pierga et François-Clément Bidard

Dans une étude parue ce jeudi 5 novembre dans JAMA Oncology, des médecins de l’Institut Curie ont montré que le dosage des cellules tumorales circulantes pouvait constituer une aide précieuse dans le choix du traitement à proposer aux patientes atteintes de cancers du sein métastatiques hormono-dépendants.

 

De tous les cancers, le cancer du sein se caractérise par la disponibilité d’un grand nombre de traitements différents disponibles. Les possibilités de combinaison étant tout de même limitées, l’expertise et l’expérience des spécialistes de la prise en charge de cette maladie, permettent de proposer le protocole thérapeutique le plus adapté à la situation des patientes. Les médecins évaluent efficacité et bon profil de tolérance, en tenant compte des caractéristiques de la tumeur, de l’histoire personnelle de chaque patiente et des données scientifiques à leur disposition. Il existe cependant des situations où ces choix entre plusieurs types de thérapie ne peuvent se fonder sur des éléments intangibles et où les appréciations peuvent varier d’un praticien à l’autre.

 

L’étude STIC CTC, publiée dans  JAMA Oncology et pilotée par les Professeurs Jean-Yves Pierga, chef du Département d’oncologie médicale, et François-Clément Bidard, oncologue médical, à l’Institut Curie, s’est attachée à répondre à l’une de ces situations difficiles : de la chimiothérapie ou de l’hormonothérapie, lequel de ces deux traitements est le plus indiqué pour contrôler les cancers du sein métastatiques ? Les médecins ont pour cela analysé le devenir de près de 800 patientes volontaires dans plusieurs centres de cancérologie français.

 

Ces femmes recevaient soit le protocole recommandé par leur oncologue, selon leurs habitudes, soit celui guidé par le nombre de cellules tumorales circulantes. Obtenu par une simple prise de sang, le taux de cellules tumorales circulantes (CTC) est en effet un marqueur sanguin bien connu d’agressivité dans le cancer du sein métastatique : plus leur compte est élevé, plus la maladie a tendance à se propager rapidement et à résister au traitement. Il était donc proposé d’utiliser ces taux de CTC mesurés avant le début du traitement pour déterminer s’il devait être une hormonothérapie (taux de CTC bas) ou une chimiothérapie (taux de CTC élevé). 

 

Les résultats ont montré, sans surprise que, chez 60% des patientes, le choix des médecins était confirmé par le dosage de CTC. En revanche, chez 40% d’entre elles, et notamment chez les patientes les plus âgées, il existait une différence d’appréciation entre l’analyse du médecin et le dosage des CTC : les CTC suggéraient soit une maladie plus agressive que ne l’estimaient les médecins (cas le plus fréquent), soit une agressivité moindre. Le suivi du devenir des patientes participant à l’étude a ensuite montré, qu’en cas de discordance, la chimiothérapie était associée à des taux de survie significativement meilleurs.

 

Il s’agit de la première étude décrivant dans la prise en charge du cancer du sein métastatique où un marqueur biologique mesurable et reproductible peut venir utilement complémenter l’estimation clinique faite par les médecins, et mener à une meilleure prise en charge. Justifiant ainsi une demande de remboursement du test sanguin, actuellement à l’étude par les autorités de santé.

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