Actualité - Radiothérapie

La radiothérapie innove dans la prise en charge des cancers de la prostate localisés et avancés

Catherine Goupillon Senghor
08/12/2020
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L’Institut Curie est le premier centre de radiothérapie en France, en particulier dans le cancer de la prostate avec près de 600 patients pris en charge chaque année.
Gilles Crehange

Actuellement deux techniques de radiothérapie sont proposées : la curiethérapie (implants de grains d’iode 125 directement dans la prostate) qui concerne les formes localisées et la radiothérapie externe qui est proposée pour traiter les cancers plus avancés.

Fort de son expertise dans le cancer de la prostate et grâce à son plateau technique innovant, l’Institut Curie a été l’un des premiers centres à proposer cette technique chez des patients sélectionnés.

Depuis 18 mois, dans les cancers localisés, c’est la technique dite de stéréotaxie qui est proposée aux patients, à partir de 75 ans ou ayant des comorbidités

explique le Pr Gilles Créhange, chef du département de radiothérapie de l’Institut Curie.

La stéréotaxie est une radiothérapie « concentrée » qui se déroule sur seulement 5 séances étalées sur 1 semaine et demie, ce qui correspond à une dose totale équivalente à un traitement conventionnel de 2 mois.

C’est grâce aux évolutions technologiques récentes que cette radiothérapie innovante est possible avec les machines de dernière génération comme les 5 accélérateurs dont dispose l’Institut Curie sur ses 3 sites (Paris, Orsay et Saint-Cloud)

précise le Pr Créhange.

Deux grandes études internationales ayant inclus plus de 2000 patients ont démontré son efficacité et son innocuité par rapport à une radiothérapie conventionnelle sur 2 mois. Une centaine de patients en a déjà bénéficié et à terme les indications devraient s’étendre à des patients plus jeunes. La stéréotaxie, qui se fait en ambulatoire, pourrait ainsi remplacer la curiethérapie, évitant une anesthésie générale et une hospitalisation. De plus, les effets secondaires (problèmes urinaires et troubles de l’érection) pourraient être même plus faibles qu’avec la curiethérapie. Une étude académique à laquelle l’Institut Curie participe est en cours pour comparer ces 2 traitements dits « mini-invasifs ».

Plus récemment, dans les cancers avancés cette fois, les spécialistes de l’Institut Curie proposent une nouvelle approche, baptisée « boost », qui associe curiethérapie et radiothérapie externe. Plusieurs dizaines de patients en ont déjà bénéficié.

Un premier patient traité par une combinaison « boost stéréotaxie et radiothérapie externe »

Une toute nouvelle innovation va avoir lieu à l’Institut Curie où dans quelques jours les radiothérapeutes vont traiter le premier patient par boost stéréotaxie et radiothérapie externe. Cette technique permet une escalade de dose dans les formes plus avancées de cancer de la prostate.

La stéréotaxie pourrait devenir le traitement de référence pour tous les cancers de la prostate, explique le Pr Gilles Créhange. Nous avançons par étape et plusieurs années seront nécessaires pour avoir le recul indispensable et confirmer la place de la stéréotaxie pour tous, mais cette technique est très prometteuse, notamment en raison d’effets secondaires plus faibles pour les patients.

Premier centre en France à développer cette technique en routine, l’Institut Curie est depuis plus de 100 ans le berceau de la radiothérapie et a toujours été à la pointe de l’innovation dans ce domaine, disposant d’un plateau technique parmi les plus performants d’Europe et réalisant 110 000 séances de radiothérapie chaque année.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme avec plus de 50 000 nouveaux cas chaque année et une mortalité qui atteint 8 500 décès annuels.

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