dosimétrie

Comment se déroule une séance de protonthérapie ?

Céline Giustranti
13/10/2017
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En raison de sa précision, la protonthérapie nécessite un positionnement très précis du patient. Plusieurs étapes préalables au traitement assurent ce bon positionnement.

le traitement se déroule en 4 séances sur 4 jours consécutifs. Pour les autres tumeurs, le traitement peut se faire soit exclusivement par protons en particulier chez l’enfant, soit par une association protons/photons. Le traitement par radiothérapie classique sera alors effectué sur un autre appareil au sein de l’Institut Curie. Dans les deux cas, il existe une phase préparatoire au traitement.

Les examens préliminaires avant une séance de protonthérapie

Il s’agit le plus souvent d’examens d’imagerie (radiographie, échographie, angiographie…) afin de définir précisément les contours de la tumeur et des organes situés à proximité. Ensuite les dosimétristes et les radiophysiciens vont déterminer à l’aide de logiciel spécifique dit de dosimétrie (TPS ou traitement planning system) la meilleure balistique, le nombre de faisceaux et leur caractéristique afin de délivrer la dose optimale à la tumeur toute en respectant les contraintes de doses aux organes sains de proximité, qui ont été prescrites par le médecin.

Etape 1 avant une séance de protonthérapie : La contention et la pose de billes

Afin que la patient soit placé tous les jours de la même façon avec une très grande précision, des repères radio-opaques et un système de contention personnalisé sont utilisés au moment du traitement.

  • La contention : Il s'agit dans la majorité des cas d'un masque facial en plastique thermoformé. Le patron de base en plastique est placé dans de l'eau chaude pour qu'il ramollisse. Ensuite il est appliqué sur le visage du patient qu’il va mouler. En refroidissant le masque va durcir gardant la forme du visage, permettant ainsi que votre tête soit replacée dans la même positon à chaque séance de traitement. Cette contention est utilisée lors des examens d'imagerie scanner et IRM (imagerie par résonance magnétique) dits « dosimétriques » ainsi que pour l'ensemble des séances de traitement (photons ou protons).
  • Les repères métalliques : Pour contrôler la mise en place quotidienne du patient en protonthérapie, il est nécessaire d'implanter des repères radio-opaques dans la boîte crânienne. Ce sont des billes en or de 2 mm sur 0.8 mm ou des vis en Titane. Elles sont implantées par le radiothérapeute ou le chirurgien dans l'os du crâne sous anesthésie locale ou anesthésie générale pour les enfants. Elles sont visibles sur les coupes de scannographie et sur les radiographies classiques du crâne.
  • Des clips en ophtalmologie : Les clips sont posés au bloc opératoire par un ophtalmologiste sous anesthésie locale ou générale. Ils sont en Tantale, donc visibles sur des radiographies standard. Ils mesurent environ 2 mm de diamètre.

 

Etape 2 avant une séance de protonthérapie : la simulation

La simulation est une séance préparation au cours de laquelle le patient est mis dans les conditions de traitement. Elle permet le contrôle de la faisabilité de la position de traitement prédéfinie par la dosimétrie et de s’assurer de la bonne tolérance du patient. Elle durera de 1 à 2 heures et est effectuée quelques jours avant le début de la radiothérapie.

 

Le traitement

Le traitement comporte plusieurs séances de protonthérapie, à raison d’une séance par jour, 5 jours par semaine pendant plusieurs semaines pour les tumeurs intracrâniennes et chez l’enfant et 4 séances pour les tumeurs ophtalmologiques. Chaque séance pourra comporter de 1 à 3 faisceaux / jour.

La séance de traitement est en tout point identique à celle de la simulation, et commence par des séries clichés radiologiques afin de contrôler et d’ajuster la position du patient.

La durée moyenne de cette mise en place est de 35 minutes / faisceau.

Les manipulateurs sortent de la salle pour s'installer au pupitre de contrôle du faisceau. Plusieurs caméras de surveillance visualisent l'intérieur de la salle. Les manipulateurs peuvent communiquer avec le patient à tout moment au moyen d'un interphone.


L'irradiation dure une minute en moyenne, durant laquelle le patient ne sent rien (ni chaud, ni froid, ni pression, ni douleur, …).