Prévention et de dépistage des cancers de la peau

Douleur et cancer : halte aux idées reçues !

Emmanuelle Manck
30/03/2017
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De fausses idées circulent encore sur la douleur dans la maladie cancéreuse. Rétablissons la vérité…

Le cancer fait toujours mal

Seulement 30% des patients atteints de cancers expérimentent des douleurs modérées à fortes pendant la maladie.

 

Si l’on a très mal, c’est que le cancer est grave.

L’intensité de la douleur n’est pas liée à la taille d’une tumeur ou à la « gravité » de la maladie, mais à l’endroit où se situe la tumeur : certaines zones sont plus richement innervées que d’autres.

 

La douleur fait partie du cancer, autant l’endurer.

La douleur n’est pas anodine par rapport au cancer : elle affecte le moral, le sommeil, l’appétit… Elle affaiblit donc l’organisme. Cela vaut la peine de la traiter efficacement.

 

Pour ne pas prendre trop de médicaments antidouleur, il suffit de les prendre uniquement lorsqu’on a mal.

Les médecins spécialistes de la douleur sont formels : on ne doit pas attendre qu’une douleur revienne pour prendre un médicament antalgique, car elle est dans ce cas plus difficile à traiter. Le traitement donné contre la douleur au cours d’un cancer est donc toujours pris de manière systématique, par exemple matin et soir, sur une période d’une durée suffisante.

 

On devient "accro" à la morphine donnée pour les douleurs cancéreuses.

Dans le cadre d’une utilisation à visée antalgique, la morphine ne devient pas une "drogue" à laquelle on devient dépendant et avec des doses adaptées, elle ne provoque pas de troubles de la conscience.

 

Quand la morphine est proposée à un patient, c’est que c’est la fin…

L’emploi de la morphine ne signifie pas que le cancer est grave ou qu’"il n’y a plus rien à faire" : elle est juste un puissant antalgique dont les doses peuvent être diminuées ou augmentées pour le confort du patient.

 

Hypnose, électrostimulation, extrait de piment… ce sont des méthodes de charlatans

La promotion de méthodes alternatives prétendument extraordinaires (parfois "secrètes") par des personnages sans scrupules existe bel et bien et il faut rester vigilant. Mais dès lors qu’une technique antalgique est proposée par un professionnel de la santé et en particulier en milieu hospitalier, cela signifie que son action est scientifiquement prouvée et qu’elle est appliquée sous contrôle strict par un personnel formé et qualifié.

Sources et remerciements

Merci aux professionnels de santé de l’Institut Curie pour leur aide et leur contribution.

  • Abelmalek Ghimouz, médecin anesthésiste,
  • Evelyne Renault-Tessier, médecin douleur, 
  • Guillaume Dutertre, neurochirurgien,
  • Vérène Praud, infirmière ressource douleur,
  • Sylvie Zimmers, oncopsychologue,
  • Aurore Marcou, médecin anesthésiste hypnothérapeute,
  • Youlia Kirova, radiothérapeute.

 

Sources principales du dossier

La Ligue : Douleur et Cancer, prévenir et soulager la douleur tout au long de la maladie, juin 2007.

La Ligue : Comment prévenir et soulager la douleur pendant un cancer ?, novembre 2010.

INCA : Dossier Douleur et cancer http://www.e-cancer.fr/ , MAJ Nov. 2011.

INCA : La douleur en cancérologie. Coll. Fiches Repères juin 2010.

Afssaps : Recommandations de bonnes pratiques de la douleur rebelle en situation palliative, juin 2010.

FNCLCC : Recommandations pour la pratique clinique : Standards, Options et Recommandations pour l’évaluation de la douleur chez l’adulte et l’enfant atteints d’un cancer, Septembre 2003.